Le 30 septembre dernier, les producteurs de l’OP Guilloteau (25 Ml collectés dans 70 exploitations de l’Ain et de la Loire) ont obtenu du juge des référés de Bourg-en-Bresse (Ain) la poursuite de leurs contrats avec la fromagerie Guilloteau, à défaut de quoi la société subira une astreinte de 40 000 € par jour. Alors que depuis trente ans, le fromage est fabriqué localement à Belley (Ain) et Pélussin (Loire) à partir des laits de ce territoire, Guilloteau entendait rompre les contrats de production et de collecte pour obliger les éleveurs à livrer leur lait à une nouvelle entité : Eurial, branche lait du groupe coopératif Agrial, qui a acheté la fromagerie en 2016. Pour les producteurs rhônalpins, un tel transfert aurait signifié un recul en matière de rémunération ainsi que la fin d’un espoir : que leur lait soit payé en fonction des coûts de production locaux, supérieurs, dans ces territoires montagneux, à ceux de l’ouest de la France (1).
SA Guilloteau fait appel du jugement en faveur de l’OP
Alors que Guilloteau a fait appel du jugement, le lait continue pour l’instant d’être collecté par la fromagerie. Dans un climat incertain et tendu. « L’unique but de ce groupe coopératif est de livrer du lait pas cher à sa filiale Guilloteau, et non de rétribuer correctement les producteurs qui livrent leur lait à une fromagerie florissante grâce à son fromage Pavé d’Affinois », déplore l’OP.
Malgré l’intervention du médiateur des relations commerciales à deux reprises, les trois ans de négociations entre l’OP Guilloteau et Agrial-Eurial n’ont pas encore abouti. Entretemps, une partie des producteurs, représentant 10 Ml, a choisi de quitter l’entreprise. L’OP demande à Guilloteau via ses avocats, d’appliquer la loi Égalim, qui « devait remettre un peu d’équilibre au sein de la filière ». Un cas d’école, dont l’issue sera lourde de sens pour toute la filière.
(1) + 80 €/ 1 000 litres par rapport au Grand Ouest, couverts à moitié seulement par les aides de montagne.
Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026