La filière laitière commercialise 32 000 bœufs de race normande chaque année. Ils représentent 27 % des bœufs laitiers abattus. « Ils pèsent plus que les vaches normandes qui équivalent à 11 % des laitières françaises », souligne l’Organisme de sélection de race normande. L’OSN a déposé mi-février à l’Inao une demande pour une reconnaissance en spécialité traditionnelle garantie sous le nom Bœuf Traditionnel de race normande. Il a déjà tenté une reconnaissance en appellation d’origine mais a buté sur la dénomination géographique déjà utilisée par l’AOP camembert de Normandie. « De plus, nous n’avons pas obtenu le soutien des transformateurs. »
Raconter une histoire
L’OSN espère une issue différente cette fois-ci. Si l’initiative vient de la Haute-Normandie, la STG s’étendra à ses 1 200 adhérents, en majorité dans le Grand Ouest. Le cahier des charges ne concerne que la production : entrée de l’animal dans la démarche à partir de 6 mois, nourri 100 % à l’herbe, zéro OGM, âge d’abattage entre 30 et 48 mois. « La STG donne une histoire sur le mode de production, à charge aux abatteurs et distributeurs de définir la partie qui les concerne, selon leur positionnement marketing. » En attendant la reconnaissance, Pascal Grosdoit, connu pour la défense de la race normande dans son commerce de viandes en restauration collective et gastronomie, lance la marque Bœuf Normand Herbager qui respecte déjà le cahier des charges de la STG. Il démarre avec deux bœufs par semaine. Un deuxième partenariat se crée avec le magasin Auchan du Havre (Seine-Maritime), également pour deux bœufs par semaine. « La plus-value est de 30c€/kg de carcasse », indique Samuel Journée, animateur de l’Association Normande (éleveurs hauts-normands). Pour lui, le potentiel est là. La preuve : 80 éleveurs adhérents de l’OSN se disent prêts à rentrer dans la STG. « Cela correspond à 1500 bœufs par an dont 600 déjà dans les clous. » Autre indicateur : La Normandie à la table des chefs, association tripartite éleveurs-transformateurs-clients (dont Pascal Grosdoit), commercialise 1 400 bovins normands par an dont la moitié de bœufs.
Claire Hue
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