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[Reportage] Ferme des 1 000 vaches (1/3)Michel Welter : « Nos vaches sont dehors toute l'année sous un grand parapluie »

Grande structure et bien-être animal sont-ils compatibles ? Dans le premier volet d'une série de trois reportages vidéo consacrés à la ferme des 1 000 vaches, Michel Welter nous parle du confort et du comportement de ses animaux qui « vivent à l’extérieur toute l’année, sous un grand parapluie pour éviter d’être mouillés ».

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C'est à Drucat dans la Somme (80) que les grands bâtiments de la ferme des 1 000 vaches s'élèvent au beau milieu des champs. En arrivant sur l'exploitation qui a fait tant parler d'elle, la seule question qui me taraudait était « est-ce que le bien-être animal et l'élevage intensif sont compatibles ? ». La presse généraliste ayant longuement fait l’écho des arguments de l’opposition, la rédaction de Web-agri a souhaité interroger le principal concerné. À ma question, Michel Welter, gérant de la SCL Lait Pis Carde (surnommée ferme des 1 000 vaches) répond que oui, on peut élever un grand nombre d'animaux tout en continuant de se soucier de leur bien-être. Il confie même « C’est le vrai sujet de l’opposition à notre projet ! » Le voir pour y croire ? Nous partons donc à la rencontre des 860 vaches du troupeau et leur suite afin de vérifier par nous-mêmes !

Pour cette première partie d'une série spéciale sur les 1 000 vaches, il est ici question du confort et du comportement du troupeau. Vous pouvez bien entendu réagir aux propos de Michel Welter en nous donnant votre avis dans les commentaires au bas de cet article.

« Les besoins fondamentaux des vaches sont respectés »

Concernant le confort de ses animaux, le directeur n’a pas de doute : « Elles passent 14 h/jour couchées sur la paille de leurs logettes creuses. Le reste du temps, sur le béton raclé, nous n’observons pas de problèmes particuliers comme les gros jarrets car l’alimentation est gérée de façon à éviter l’acidose. De plus, toutes les vaches sont parées au moins une fois par an avec en supplément un passage du pareur tous les 15 jours pour celles qui auraient des soucis. » Cette rigueur a permis à l’exploitation de fortement réduire les problèmes de pattes observés lors du démarrage en 2014. Les vaches disposent, comme la norme l’impose, de 10 m2 chacune avec une logette par vache. Le bâtiment est ouvert de tous les côtés. La ventilation naturelle évite les odeurs d’ammoniac et est régulée par des filets brise-vent.

Les grands lots d’animaux diminuent l’effet de stress

Les vaches laitières sont réparties dans le bâtiment par lot de 150 (les génisses et les vaches taries sont gérées à part). Selon l’exploitant, le phénomène de dominées/dominantes n’existe plus à cette échelle : « Les grands lots apportent un sentiment de sécurité aux animaux, c’est plus paisible, ils ne se battent pas. Les animaux cornus ne posent même pas de problème. En cas de danger il y a un effet de masse. » Et concernant la main d’œuvre, les animaux croisent 21 têtes différentes presque quotidiennement. Un stress de voir autant de personnes défiler ? Non plus d'après Michel Welter. « Les salariés sont tous formés sur les fondamentaux de la vache, sa perception de l’homme. À leur arrivée, on leur apprend à être calmes avec les animaux car je suis convaincu qu’une vache est facile à attirer mais dure à pousser. »

« La vache n’est pas obligée d’aller en pâture pour être heureuse »

Concernant le non-pâturage, le gérant est convaincu : « Je ne pense pas que la vache ait besoin d’aller au pâturage mais il est indispensable qu’elle mange de l’herbe, ça n’est pas la même chose ». La disposition géographique de l’exploitation n’arrange rien : il ne s’agit pas d’une zone herbagère et elle se situe à proximité d’un axe routier grandement fréquenté. Sur ce point, Michel Welter insiste : « Tout le monde veut que les vaches aillent en pâture mais personne ne veut de bouses sur la route ou être bloqué dans sa voiture pour laisser traverser les animaux ». Enfin, selon lui, « la vache n’a pas besoin d’aller en pâture. Ce n’est pas plus mal si elle y a accès mais elle n’est pas obligée d’y aller pour être heureuse ». La disposition du bâtiment a été réfléchie pour qu’il soit le plus ouvert possible. Ainsi, il se plait à dire : « Nos vaches sont libres et vivent toute l’année dehors. Elles ont juste un parapluie pour leur éviter d’être mouillées ». Une forme de confort supplémentaire ?

Rédactrice en chef de Web-agri

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