« Le problème ne vient pas des filières qui rémunèrent durablement, mais du manque de rémunération de l’élevage, il ne faut pas se tromper de combat », expliquait Alain Rochegude, du pôle climat, air, énergie de la Dréal à l'occasion d'une conférence au Sommet de l'élevage. À la question : " méthanisation et élevage font-ils bon ménage ?", les principaux interrogés ont unanimement répondu oui.
Le contexte défavorable à l'élevage doit interpeller plus que la méthanisation
Pour Julien Delville, agriculteur méthaniseur depuis 2016, « on observe globalement un contexte défavorable à l' élevage, et c'est plus ce qui doit interpeller que la concurrence avec la méthanisation ! » Il souligne que si la méthanisation concurrence l'élevage quant à l'affectation des terres, la grande culture le fait tout autant. « Les tarifs de méthanisation sont calculés de manière à proposer une juste valorisation du travail. On est loin de l'effet d'aubaine ou d'une filière sur-subventionnée. Les tarifs ont été revisités à la baisse au fur et à mesure du développement de la méthanisation en France », ajoute Alain Rochegude.
« On a souvent en arrière-pensée le modèle allemand » estime l'agriculteur, qui souligne les différences de réglementation entre les deux rives du Rhin, mais également les différences de typologie d'exploitation. « En Allemagne, on retrouvait beaucoup d’exploitations laitières avec un nombre de vaches très élevé qui n’étaient pas autonomes en fourrage et qui ont disparu du fait de la concurrence des méthaniseurs. En France, nous n’avons pas de structures à 1 500 vaches, et au final peu d’exploitations qui ne sont pas autonomes. »
Les effluents d'élevage, principaux intrants de la méthanisation
Le bilan du fonctionnement des méthaniseurs proposées par FranceAgriMer montrent que les effluents d'élevage sont les intrants majoritaires dans la ration d'un méthaniseur, et représentent en moyenne 55 % de tonnage incorporé. Viennent ensuite les coproduits d'industrie agroalimentaire à hauteur de 16 %, les "autres intrants" pour 8,5 % ainsi que les résidus de grande culture (2 %), comme la menue paille ou les résidus de canne de maïs. Ainsi en moyenne, les méthaniseurs français fonctionnent avec plus de 80 % d'intrants issus de coproduits ou effluents d'élevage. Reste ensuite les CIVE, qui représentent 13 % de la ration, et les cultures principales dédiées à la méthanisation qui correspondent à 5,5 % des tonnages incorporés.
Cette répartition diffère selon les régions. « En Auvergne-Rhône-Alpes, les cultures à proprement parler ne représentent que 11 % des volumes introduits dans des méthaniseurs, avec 3 % de cultures dédiées, souvent du maïs, et 8 % de cultures intermédiaires à vocation énergétique. La Bretagne doit être à 8 % de cultures dédiées dans la ration » complète Alain Rochegude, en rappelant la réglementation française, qui fixe à 15 % le seuil maximal d'incorporation de cultures énergétiques dédiées dans la ration.
Les systèmes sont pensés pour reposer premièrement sur la valorisation des déchets et effluents, et valoriser ce qui ne pourrait être valorisé autrement : « En Auvergne-Rhône-Alpes, parmi les cultures dédiées, on retrouve aussi des parcelles grêlées ou à faible valeur alimentaire qu’il aurait été difficile de valoriser autrement. C’est aussi une manière de valoriser les refus des animaux. Les 3 % de cultures dédiées incorporées au méthaniseur représentent moins de 1 % des terres arables de la région. À titre d’exemple, 2 700 t incorporées sont issues de 700 ha des prairies permanentes à l’échelle de la région. Avec un rendement moyen de 4 t brutes à l’hectare, on voit bien qu'on est sur du nettoyage de prairies. »
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