Menu

Témoignage de T. Samyn (08)Une métha qui ne concurrence pas l’élevage, c’est possible !

À Sorbon (08), un projet de méthanisation intègre un hygiéniseur ainsi qu’une chaîne de désensachage pour pouvoir intégrer des biodéchets industriels ainsi que les restes de cantines ou restaurants. À terme, la SAS le Puisot ambitionne de produire du biométhane sans intégrer aucune culture agricole. Une production d’énergie qui ne concurrence pas l’alimentation humaine ou animale.

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo

L’objectif est de proposer une méthanisation vertueuse qui valorise les biodéchets plutôt que des cultures agricoles. Pour ce faire, le projet Agricyclage va se doter d’une chaîne de désensachage ainsi que d’un hygéniseur pour pouvoir traiter les déchets issus des GMS, les restes de cantines, erreurs de process d’industriels… « On cherche à remplacer l’introduction des intercultures dans les méthaniseurs par des biodéchets » résume Thomas Samyn, vice-président du projet.

Une chaîne d’hygiénisation et de désensachage en plus du méthaniseur

« Aujourd’hui, seul un tiers des biodéchets sont traités, faute de structure pour les valoriser ». En effet, l’intégration de produits contenant des protéines animales à un méthaniseur requiert un processus d’hygiénisation, une étape durant laquelle la matière est broyée puis chauffée à 70°C pendant une heure. Dans un même temps, la réglementation sur le traitement des déchets évolue pour inciter les restaurateurs, collectivités ou industries à les valoriser. La TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) devrait évoluer à l'horizon 2025 pour pénaliser les entreprises ne disposant pas de filière de valorisation des biodéchets. C’est donc un nouveau marché qui s’ouvre pour la production de biométhane.

Cependant, peu de méthaniseurs sont actuellement aptes à intégrer ce type de produit. « L’installation d’une chaîne d’hygiénisation et d’un système désensacheur, c’est le prix d’une petite méthanisation ! », ajoute Thomas Samyn. La chaîne d’hygiénisation pourra traiter jusqu’à 60 000 t de déchets par an, et le désensachage est dimensionné pour déconditionner 40 000 t de produits industriels pour une production de biométhane de 300 normo m3 en injection.

Avec la mise en place de cette chaîne de traitement des déchets, les agriculteurs souhaitent se positionner en tant que professionnels du métier. « Pour prétendre à ce marché, il faut être professionnel, car l’on ne va pas chercher des erreurs de process industriels comme on réceptionne des coproduits issus de la production végétale. Le but, c’est de proposer une solution clé en main à nos partenaires pour le traitement des déchets contre rémunération. L’entreprise en contrepartie dispose d’une lettre d’intention qui lui permet d’éviter la TGAP. »

Un projet réfléchi pour éviter les nuisances

Les agriculteurs ont investi 300 000 € dans un réseau de conduite pour le stockage du digestat à 5 km du site. Ainsi, ils pourront épandre 90 % du digestat sans avoir recours à des camions. L’emplacement du méthaniseur, à proximité d’une voie rapide, a également été choisi pour limiter les nuisances.

« On veut un positionnement qui rende service à tout le monde », résume Thomas Samyn. Des échanges tripartites entre éleveurs, céréaliers et l’unité de méthanisation sont prévus comme pour la paille et le fumier. Grâce à l’utilisation des biodéchets, le méthaniseur devrait à terme arrêter d’utiliser des intercultures pour la production de biogaz. « Pour l’instant, nous intégrons des Cive pour alimenter le méthaniseur car il est entré en service avant la chaîne de traitement des déchets, mais à terme, l’objectif est d’arrêter. Ce qui est certain, c’est que nous ne voulons pas affecter des cultures principales à la méthanisation. » 

Réagir à cet article

Sur le même sujet