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Importations de produits laitiersLa Chine assèche le marché des produits laitiers

Les importations chinoises de produits laitiers se sont accélérées sur les dix premiers mois de 2021 par rapport à 2020 (©Pixabay)
Les importations chinoises de produits laitiers se sont accélérées sur les dix premiers mois de 2021 par rapport à 2020 (©Pixabay)

Depuis début 2021, la Chine a accéléré ses importations de produits laitiers. L’Empire du milieu fait-il des stocks ?, interroge l'Idele. Même si la demande chinoise fléchit dans les mois qui viennent, l'institut table sur une fermeté maintenue des marchés.

Dans le dernier numéro en date de ses « Tendances lait viande », l’Institut de l’élevage revient sur la présence marquée de la Chine sur les marchés internationaux des produits laitiers, et son impact possible sur les cours.

De fait, l’Empire du milieu a « surpris le marché » en important massivement entre janvier et octobre 2021. Les hausses les plus conséquentes concernent les matières grasses : + 20 000 t de beurre par rapport à la même période en 2020 (soit + 21%) et + 63 000 t de crème (soit + 40 %).

Importations chinoises
Comparatif des importations chinoises de produits laitiers (©Institut de l'élevage)

Conséquence : l’offre mondiale pour les autres importateurs se retrouve réduite, « dans un contexte de contraction des volumes de collecte chez les exportateurs en cette fin d’année ».

Dans ces volumes importés, l’institut technique juge qu’il est difficile de savoir quelle part est consacrée à la consommation et quelle part sera stockée. Si les tendances de consommation en Chine sont « en hausse, surtout en matières grasses », la forte accélération des importations cette année laisse supposer que le pays fait des stocks.

Quelle pérennité pour 2022 ?

L’Idele note : « Les opérateurs de marchés demeurent donc prudents voire pessimistes quant à la poursuite des achats chinois, alors qu’à cette période de l’année s’organisent les contrats pour les festivités de Nouvel An chinois ».

Ils se souviennent de l’année 2014, qui avait vu une brusque chute de la demande chinoise. Associée à la fin des quotas laitiers européens en 2015, cela avait fortement perturbé l’équilibre entre offre et demande et fait chuter les prix.

L’Idele souligne néanmoins qu’une différence de taille oppose 2014 à 2021 : la fin des quotas avait à l’époque entraîné « un fort rebond de la collecte européenne », alors que la production laitière est actuellement peu dynamique.

Et cela ne risque pas de changer à court terme : « Outre la baisse de collecte chez les principaux pays producteurs européens, l’envolée des coûts de production n’incite pas les éleveurs à augmenter leur production ».

D'autre part, la demande de l'Asie du Sud est en train de croître durablement et pourrait s'intensifier, ce qui laisse présager, selon l'Idele, des cours mondiaux fermes dans les prochains mois, « même en cas de moindres achats de la Chine ».

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