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Viande bovineL'appétit chinois risque de s'atténuer

Le prix des bovins a atteint un niveau record en Chine durant l'année 2020 (©Pixabay)
Le prix des bovins a atteint un niveau record en Chine durant l'année 2020 (©Pixabay)

Si le niveau des importations de viandes bovines chinoises a atteint des records en 2020, la reconstitution du cheptel porcin chinois pourrait contribuer à une moindre augmentation des importations pour 2021.

« Les importations chinoise devraient poursuivre leur croissance à un rythme moins soutenu durant l’année 2021, compte tenu de la hausse de production porcine et de la baisse des cours de la viande de porc », a annoncé l'Institut de l'élevage dans son dernier dossier économie de l'élevage sur les marchés mondiaux de la viande. 

Quelques changements pourraient avoir lieu durant l’année 2021 quant à la provenance de la viande sur les étals chinois. « Si la viande états-unienne n’a représenté qu’un peu plus de 1 % des achats chinois, ses volumes ont presque triplé en 2020, notamment grâce à l’accord commercial signé en janvier 2020 avec la Chine. Il est attendu que les importations en provenance des États-Unis progressent rapidement en 2021 », soulignent les experts de l’Idele. De même, la décision du gouvernement australien de soutenir la demande d’une enquête en Chine sur les origines de la Covid-19 à l’OMS a engendré des mesures de rétorsions économiques qui pourraient limiter les exportations australiennes vers la Chine.

La Chine, premier importateur de viande bovine en 2020

L’Asie du sud-est est la première région importatrice de viande bovine, portée par la Chine qui concentre à elle seule plus de la moitié des importations de la région. La Chine, premier importateur mondial, a plus que jamais besoin de viande. Le prix du bétail sur l’année 2020 a atteint des niveaux records, avec une moyenne de 10,7 €/kg sur l’année, soit 15 % de plus qu’en 2019. Ces prix élevés traduisent la forte demande en viande des Chinois : le prix de la viande porcine, porté par l’épidémie de peste porcine africaine, et le manque d’offre sur le territoire national, ont poussé les consommateurs à se rabattre sur la viande de bœuf.

L’augmentation du prix de vente motive les éleveurs allaitants à augmenter leurs troupeaux. Le cheptel bovin a progressé de 4,6 % en 2020 par rapport à 2019 pour atteindre les 95 millions de têtes, mais cela ne suffit pas à assouvir la demande chinoise : les importations ont augmenté de 27 % en 2020 par rapport à 2019 pour faire face au manque de produits carnés. La Chine travaille avec un nombre limité de fournisseurs : 94 % des volumes proviennent de 5 pays. L’Amérique du Sud demeure le fournisseur privilégié de la Chine, avec en tête de liste le Brésil qui concentre 41 % des importations chinoises. Vient ensuite l’Argentine qui fournit 22 % des importations, plus l’Uruguay, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le système chinois : un modèle à part

Comparaison mondiale des coûts de production dans différents cas types d'ateliers d'engraissement - conjoncture 2019
Seuls les systèmes feedlot états-unien et chinois couvrent l'intégralité de leur charges sur des ateliers d'engraissement (©Idele)

Les résultats du réseau international Agribenchmark propose une estimation du coût de production et des produits générés pour des ateliers d’engraissement à partir de fermes modélisées par les experts nationaux. « Seuls les systèmes feedlot états-unien et chinois couvraient l’ensemble des charges, rémunération du travail incluse en 2019 », expliquent les experts de l’Idele. L’importante demande en produits carnés en Chine permet de maintenir les prix à un niveau très haut. Même avec un coût de l’alimentation, et un coût du bovin maigre parmi les plus élevés du marché, le modèle chinois est le seul à permettre une marge de plus de 1,2 €/kg de carcasse en 2019.  

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