La société Dussau Distribution a mis au point un système de paillage pneumatique avec la technologie "Méca-pulse" : une pailleuse fixe souffle de la paille broyée dans des tuyaux jusqu’aux logettes.
![]() Il n'est pas nécessaire que les vaches soient bloquées dans l'aire d'attente pour pailler. (© Dussau) |
La ferme expérimentale de la Jaillière (44) d'Arvalis Institut du végétal, a installé une pailleuse pneumatique. Cette nouveauté pourrait bien changer le quotidien des éleveurs laitiers. Ce système de paillage par soufflerie est l’invention de l’entreprise landaise Dussau Distribution, spécialisée dans les équipements de gavage et de matériels avicoles.
Le principe est relativement simple et les premiers mois d’utilisation à la Jaillière s’avèrent plutôt convaincants. La pailleuse à poste fixe, alimentée par un moteur électrique, est située à proximité du bâtiment. Celle-ci envoie la paille broyée vers une "tête revolver" qui dirige le flux de paille vers différents tuyaux correspondant aux zones de la stabulation. Les tuyaux, fixés en hauteur sur un rail, peuvent transporter la paille sur près de 200 mètres. Ils se terminent par une tête de paillage que l’éleveur tient à la main. Muni d’une télécommande, il choisit à distance l’orientation de la tête revolver vers la zone souhaitée du bâtiment (logettes vaches, génisses, box de vêlage, nursery…)
« Nous nous concentrons sur les marchés de niche et les innovations de rupture, explique Christian Dussau, directeur de l’entreprise du même nom. A l’origine, nous avons mis au point la technologie de paillage Méca-pulse pour les bâtiments de dindes, puis nous avons cherché à l’adapter sur les stabulations bovines comme à la ferme de la Jaillière ou au lycée agricole de Montardon ».
« Pailler et ébouser en même temps ! »
D’après lui, cette technique de paillage permet d’économiser 25 à 30 % de paille, car celle-ci est soigneusement répartie, légère et aérée. C’est également un système intéressant pour les élevages équipés d’un robot de traite puisqu'il n’est pas forcément nécessaire d’évacuer les vaches de la zone de couchage pour pailler les logettes.
« Pailler se fait plus rapidement, sans effort, sans poussière, et sans allumer le tracteur, ajoute Christian Dussau. La tête de paillage est légère, on peut pailler d’une main et ébouser les logettes avec une raclette de l’autre main. » Pour ne plus avoir à pailler manuellement, l’entreprise travaille également sur une tête de paillage robotisée fixée sur un rail au-dessus des logettes.
Le broyage reste le problème à résoudre
Seul bémol : cette technologie fonctionne parfaitement avec des bottes de paille broyée, ou de la paille à brins courts (5 cm) décompactée et suffisamment sèche, mais le broyage de la paille en brins longs s’avère peu opérationnel pour le moment. « Le problème que nous rencontrons, c’est de trouver un broyeur électrique suffisamment puissant mais qui ne fasse pas disjoncter l’installation électrique de l’exploitation », fait remarquer Christian Dussau. Beaucoup d’éleveurs attendent le broyeur intégré et nous devrions avoir résolu ce problème d’ici l’automne prochain.
Dussau Distribution devrait commercialiser ce système avec broyeur intégré aux alentours de 25.000 à 30.000 euros. L’entreprise sera présente au Sima.
A la ferme de la Jaillière, la pailleuse Dussau à poste fixe est située sur un coté de la stabulation, à l'abri de la pluie. (© Terre-net Média) |
![]() Le chargement de la paille s'effectue une fois par semaine environ. (© Dussau) |
La "tête révolver" est actionnée à distance avec une télécommande pour choisir la zone de paillage. (© Terre-net Média) |
Les tuyaux sont fixés sur un rail aérien. (© Terre-net Média) |
![]() Répartition des tuyaux de paillage vers différentes zones de la stabulation. (© Dussau) |
![]() Le paillage se fait sans effort, sans poussière et sans allumer le tracteur. (© Dussau) |




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