Avec le jour férié du 11 novembre, synonyme en temps normal de coup de pouce à la quantité de lait disponible, les courtiers s’attendaient, la semaine dernière, à une très légère détente du marché et des prix. Il n’en sera rien pour la semaine 45. L’extrême décalage perdure entre l’offre quasiment inexistante de lait d’excédent et la demande très soutenue des industriels pour répondre au marché des PGC. Il s’est même légèrement renforcé, avec une demande supérieure à la semaine précédente. Cela explique le + 10 €, avec un prix du lait Spot qui atteint la barre symbolique des 500 €/1 000 l départ quai usine dans l’Est, niveau qu’il avait déjà touché du doigt il y a six semaines (voir notre observatoire : www.eleveur-laitier.fr). Cette demande est le fait d’acteurs 100 % français, des industriels de tous les secteurs : lait de consommation, ultra-frais et fromages.
La crème « made in France » à 8 000 €/t
Si l’offre en lait Spot sur le marché est si restreinte, c’est qu’aujourd’hui, un transformateur qui fabrique de la crème et du lait écrémé liquide valorise son lait à plus 500 €/1 000 l, bien plus que la valorisation obtenue avec des produits de grande consommation (PGC). La très forte demande en matière grasse explique largement cet état de fait. Et la crème « made in France » continue de flamber à 8 000 €/t. « À ce niveau, l’industriel peut valoriser son lait 38/32 sur la base de 540 €/1 000 l, 320 € pour la matière grasse, 220 € pour le lait écrémé », détaille un courtier.
L’autre élément majeur qui explique cette tension sur la durée inédite pour le marché Spot est celui d’une offre toujours très faible. Le fait est que la collecte des deux premiers producteurs de lait européens est toujours en retrait. Celle de l’Allemagne était pointée à - 2,7 % en semaine 42 (la dernière connue) par rapport à l’an dernier. Et la production, qui n’a pas encore atteint son point bas, continue d’y régresser (- 0,6 % par rapport à la semaine 41). La France enregistre le même retard, de - 2,7 % semaine 42, avec une remontée encore poussive d’une semaine sur l’autre (+ 0,4 % semaine 42, + 0,8 % semaine 41, +0,1 % semaine 40, + 0,7 semaine 39, + 0,5 semaine 38). On n’a jamais collecté aussi peu de lait en France.
Jean-Michel Vocoret
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