Le lait Spot vendu pour la semaine 37 s’est négocié à un niveau de prix jamais atteint ces dernières années : 440 €/1 000 l, départ Ouest, et 450 € départ Grand Est. D’après notre observatoire, il était monté au mieux, en 2017 cette semaine-là, à 410 € dans l’Ouest, mais en 2018, 2019 et 2020, il n’était respectivement qu’à 360, 350 et 340 €.
Cette situation rare s’explique évidemment par le trop peu de lait offert. Seules une poignée de citernes ont été placées. Il est vrai qu’en cette période de creux de collecte, les laiteries aimeraient bien vendre du lait Spot, mais n’en disposent pas. Pour répondre aux demandes des GMS qui ont enfin bien repris avec la rentrée, elles utilisent quasiment toute leur collecte. Le phénomène serait accentué par les taux de matières utiles, qui semblent également à la baisse. Faut-il y voir – alors que le prix du lait des laiteries n’a pas franchement décollé – l’impact d’un coût élevé de l’aliment, qui fait que certains troupeaux ne sont pas soignés comme ils le devraient pour maximiser leur production ? Sans doute.
Le niveau de la collecte allemande pèse aussi
Si le prix a atteint ce niveau que les courtiers qualifient d’hallucinant, c’est aussi que les cotations sont à la hausse sur des marchés comme ceux des commodités et des fromages. La baisse de la collecte dans d’autres pays majeurs pour la production laitière joue également. Sur les deux dernières semaines d’août (33 et 34), la collecte française affichait un - 0,2 %, et - 1,1 % par rapport à l’an dernier. De son côté, la collecte allemande pointait à - 0,5 % (- 0,4 %/2020).
« Cette conjoncture très tendue pourrait durer quelques semaines encore », prédit un courtier. Jusqu’à ce que la collecte soit à nouveau en phase ascendante et que le prix du lait Spot redescende.
Jean-Michel Vocoret
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