Ce n’est pas encore le Pérou, mais la demande des laiteries françaises, totalement atone depuis des semaines, semble vouloir se réveiller. Pour la seconde fois en quinze jours, quelques-unes étaient aux achats, des industriels de l’ultra-frais et des fromagers… Mais pas d’acteurs du lait de consommation, produit moins plébiscité du consommateur en été.
Ce léger raffermissement de la demande hexagonale dans un contexte de net reflux de la collecte a boosté la cotation du lait Spot entier de l’ordre de 15 €, à 330 €/1000 l départ quai usine dans l’Ouest (voir notre observatoire). D’après les derniers sondages hebdomadaires de France Agrimer, la collecte nationale est effectivement en recul par rapport à l’an dernier de -2,7 % semaine 28, -2,8 % semaine 27, - 2 % semaine 26. Même situation en Allemagne avec sur la même période de juillet des collectes hebdomadaires en baisse de -0,5 à -1 % par rapport à 2020.
La crème « made in France » plébiscitée à l’étranger
Un autre élément explique le + 15 € du lait Spot entier sur la semaine 31 : la hausse de la crème sur le marché Spot. Elle a gagné autour de 100 €/t à 4850-4900 €. Dans ce contexte, les transformateurs belges et allemands, producteurs de commodités (beurre-poudre), n’ont pas hésité à acheter les citernes disponibles en France plus cher que la semaine dernière. Et cela d’autant que la crème « made in France » est très plébiscitée par ces industriels spécialisés dans la production de commodités (beurre-poudre) pour répondre à la demande de produits prémium.
Le marché Spot du lait écrémé a aussi été assez ferme semaine 31, notamment grâce à la demande italienne, avec du lait acheté 140 à 150 €/1000 l.
Jean-Michel Vocoret
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