Surprise des adhérents d’Isigny Sainte-Mère, le 30 août, à l’annonce de la montée à 49,9 % du chinois H & H Group dans le capital de la coopérative normande. C’est le maximum qu’autorise le Code rural français pour un associé non coopérateur. Avec un résultat net supérieur à 20 M€ depuis quatre ans, l’apport chinois de 10 M€ n’est pas guidé par une mauvaise passe financière. Selon les dirigeants d’Isigny, il s’agit de montrer patte blanche auprès des autorités chinoises qui demandent des liens étroits entre les fabricants de poudres infantiles et les propriétaires de marques en Chine, en qualité et quantité. Or, Isigny et H & H Group sont deux entreprises indépendantes. En plus de leurs contrats de poudres infantiles, jusqu’en août dernier elles étaient uniquement liées par les 20 % injectés en 2015 par Luo Fei, le propriétaire de H & H Group. Cette année-là, Isigny investissait 60 M€ dans une unité de séchage dont 17,5 M€ financés par le partenaire chinois en prêts obligataires. « Cette réglementation existe depuis longtemps. Elle est mise en tolérance mais cet été, nous avons senti un risque de durcissement. Nous avons décidé de nous en prémunir par cette montée à 49,9 % », explique Daniel Delahaye, directeur d’Isigny.
Gouvernance inchangée
Pour le président, Arnaud Fossey, cela ne change rien à la gouvernance : « H & H Group conserve son siège d’associé non coopérateur au conseil d’administration. Comme c’était le cas jusque-là, il ne participe pas à la direction opérationnelle et n’a pas droit aux dividendes. » La coopérative devra tout de même veiller à ce qu’il ne devienne pas mécaniquement majoritaire par les départs à la retraite des adhérents ou par une baisse de collecte. « Nous avons un système automatique d’ajustement du capital », rassure Arnaud Fossey. Grâce à H & H Group, la Chine représente 35 % des volumes de poudres infantiles d’Isigny et 38 % en valeur.
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