D’un côté, le lait écrémé pour la poudre infantile, de l’autre, la matière grasse pour le beurre sous AOP : l’équation laitière tourne à l’avantage de la bas-normande Isigny Sainte-Mère. C’est elle qui dicte les conditions à ses clients, et non l’inverse. « Il n’y a pas un kilo de beurre qui ne soit pas valorisé, se félicite Arnaud Fossey, le président. C’est au détriment des fromages car nous manquons de matière grasse. Cela permet une position plus ferme vis-à-vis de la distribution. En 2017, nous enregistrons une hausse de 8 % de notre chiffre d’affaires avec les GMS. »
En fait, sous l’explosion des poudres infantiles, le débouché des GMS devient minoritaire en parts de chiffre d’affaires : 15 %. Les fabrications de beurres, crèmes et fromages reculent aussi en parts de CA (38 % contre 47 % ). En 2017, Isigny a augmenté les quantités de poudres infantiles de près de 30 %… tout comme leur prix (5 410 € la tonne contre 4 185 € en 2016).
Poudre infantile : rebelote !
De quoi avoir la tête dans les nuages. Mais la coopérative préfère garder les pieds sur terre. D’abord, parce que cette activité demande beaucoup de rigueur, l’affaire Lactalis étant là pour lui rappeler. Ensuite, parce que le carnet de commandes ne demande qu’à être élargi. « Nous avons hypnotisé les clients en attente », plaisante Arnaud Fossey. Comme les deux tours de séchage, construites en 2015 pour 25 000 t et 60 M€, seront saturées en 2018, la coop veut lancer un investissement équivalent, voire plus important, à la fin de l’année. Son objectif : être opérationnelle d’ici à mi-2020. Isigny a donc besoin de lait pour l’infantile, mais aussi pour l’AOP beurre et crème d’Isigny. Elle accueille 26 producteurs Danone et Mont-Blanc pour 14,5 Ml, et poursuit sa politique d’assouplissement des volumes. Des volumes bien rémunérés. Le complément de prix annuel de 29,39 €/1000 litres versé en mai hissera le prix moyen sur douze mois à 400 € dans notre observatoire (en 33/42, super A, avec le froid, mais sans la prime AOP).
Claire Hue
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