Les négociations avec les enseignes de distribution battent leur plein pour les tarifs 2025 des produits à marques d’entreprise. La Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil) fait monter la pression d’un cran pour la dernière ligne droite. « Je ne sais pas si l’amour est dans le pré mais il n’est pas dans les boxes de négociation », résumait devant la presse ce matin, mardi 11 février, François-Xavier Huard, PDG de la Fnil. Il fait allusion à la conférence de presse des cinq leaders de la distribution qui sera animée par Karine Le Marchand au Salon de l’agriculture le 26 février. « La distribution demande des baisses de prix de 5 %, voire plus. Certaines enseignes vont même plus loin et demandent de revenir sur la sanctuarisation de la matière première agricole », dénonce-t-il.
Retour à la guerre des prix
Les industriels laitiers, eux, font valoir la hausse de leurs charges depuis un an : + 30 % pour le prix du gaz, + 1,2 % pour les emballages, + 5 % par an pour les salaires en moyenne sur trois ans, + 6 % du prix du lait TPQC, etc. « Le lait représente 50 % à 60 % de l’ensemble du prix de revient d’un produit laitier final. C’est le poste de charges le plus important », rappelle-t-il. Il déplore le retour à la guerre des prix entre GMS. « C’est au détriment de la valeur que nous voulons créer pour les éleveurs, les territoires et la filière dont nous sommes le maillon central. »
La situation internationale est l’autre motif de préoccupation des industriels laitiers privés. Ils réclament un cadre national plus serein pour affronter les soubresauts commerciaux qui s’annoncent, avec en tête la volonté des États-Unis d’augmenter les droits de douane à l’importation. La Chine et son enquête anti-dumping sur les produits laitiers, qui concerne Savencia en France, sont une autre source d’inquiétude. Les deux marchés représentent respectivement 300 M€ et 600 M€ de chiffre d’affaires.
Réagir vite pour garantir la compétitivité
« Nous n’avons pas aujourd’hui de garantie sur la compétitivité française. La filière conservera sa capacité d’exporter l’équivalent de 40 % de sa collecte sous forme de PGC et de commodités si notre contexte fiscal, réglementaire, législatif se stabilise. Nous avons besoin de baisser nos coûts de production pour libérer les investissements et l’innovation. Nous appelons à une réaction pour une économie de production », lance François-Xavier Huard. Sinon, les transformateurs risquent de se concentrer davantage sur le marché des PGC, moins volatil que celui des ingrédients. Dans ce scénario, on imagine aisément les grands groupes développer leur business dans les pays où ils sont déjà implantés. « Si nous sommes moins présents sur le marché des commodités, cela aura un impact sur la collecte », reprend le PDG de la Fnil. Il évoque dans ce cas un besoin de 20 milliards de litres contre 23 milliards aujourd’hui. La pyramide des âges des éleveurs y aiderait. La rupture en cours des contrats par Lactalis montre aussi qu’il est aisé de se séparer de livreurs.
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