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[Témoignage] Mon projet, mon avenirPréserver une race locale à faible effectif avec le financement participatif

Aider une Cuma de transformation/découpe à rénover ses équipements, des agriculteurs sinistrés à rebondir, d'autres encore à créer un labyrinthe de maïs... : les projets soutenus par la plateforme de financement participatif Miimosa se diversifient de plus en plus. Benoît Randoux, lui, l'a sollicitée pour monter un élevage de vaches laitières rouges flamandes et sauvegarder cette race locale, qui s'intègre dans une démarche plus large de réorientation technique et économique de son élevage.

Benoît Randoux, jeune éleveur à Avesnes dans le Pas-de-Calais, est passionné par les races anciennes, notamment celles à forte capacité laitière comme la Rouge flamande. Il y a quatre ans, connaissant une situation économique difficile, il fait appel à La Vache Heureuse afin de revoir en profondeur son système. Son but : accroître l'autonomie fourragère, voire alimentaire, du troupeau laitier et développer l'agriculture de conservation des sols pour que ces derniers soient « couverts et vivants ». « Il s’agissait de copier le fonctionnement de la nature pour faire de l’agriculture ! », résume-t-il.

  • Tout a commencé par un bilan carbone de la ferme :

bilan carbone du gaec des douces folies avesnes dans le nord
(©La Vache Heureuse // Gaec des Douces Folies)
 

  • Puis, en 2015, Benoît a effectué un état des lieux de l'exploitation avec La Vache Heureuse en vue « d'un redressement économique et agronomique  » :

redressement economique et agronomique du gaec des douces folies avec la vache heureuse
(©La Vache Heureuse // Gaec des Douces Folies)

Dans les grandes lignes, la moitié du cheptel existant a été saisi et vendu. Ensuite, l'activité a été relancée sur fonds propres avec 35 vaches laitières. S'en sont suivis plusieurs changements : l'élevage de l'ensemble des génisses, la pratique du semis direct et des couverts végétaux et l'augmentation progressive de l'autonomie alimentaire des animaux en arrêtant d'acheter des concentrés et du soja. Cinq ans plus tard, il s'agit maintenant de « sécuriser la production (25 l/VL) de 70 laitières avec uniquement des fourrages et de baisser les charges en intrants en supprimant les insecticides et les fongicides », le tout en « réalisant 100 K€ d'EBE ».

  • Aujourd'hui, des vaches rouges flamandes en autonomie alimentaire :

vache laitiere rouge flamande
Les caractéristiques de la race rouge flamande : sa grande taille, sa robe de couleur pourpre et ses très bonnes performances laitières. (©Gaec des Douces Folies)

Désormais, toutes les parcelles cultivées de la ferme sont semées en direct avec une couverture permanente des sols. Le troupeau est quasi autonome au niveau de l'alimentation, en particulier concernant les protéines. Déjà attiré par les races ancestrales à faible effectif, Benoît a logiquement « voulu redonner vie » à celle qui fait partie du « patrimoine rural » de sa région, la Rouge flamande, et fut même « la star du paysage agricole français au XVIIIe siècle ».

Il contribue ainsi à sa préservation qui permet, selon lui, de fournir aux laiteries implantées sur le territoire « un lait à haute valeur ajoutée » et qui, par sa « transformation », donne des produits qui le sont également. Le producteur travaille avec la coopérative laitière Prospérité fermière (600 éleveurs adhérents et 1 000 élevages dans les Hauts-de-France pour 410 Ml de lait collectés par an dans un rayon de 80 km autour du siège à Saint-Pol-sur-Ternoise).

  • Pour consolider techniquement et économiquement son système, l'éleveur a eu recours au financement participatif sur la plateforme Miimosa :

Afin de maintenir le niveau d'autonomie alimentaire de son cheptel, l'absence de travail du sol et la couverture intégrale de ses parcelles, ainsi qu'une moindre utilisation des traitements chimiques (via l'utilisation d'antioxydants), Benoît a eu l'idée de solliciter un prêt participatif rémunéré (à 3,25 %) sur le site internet www.miimosa.fr. Un emprunt de 20 000 € destiné également à « augmenter la part de vaches rouges flamandes dans le troupeau pour sauvegarder cette race locale et rustique et à stocker suffisamment de carbone dans le sol afin d'obtenir un bilan humique positif et d'atteindre l'objectif du 4 pour 1000 ».

De façon plus générale, l'éleveur souhaite « investir pour améliorer l'organisation et le temps de travail » au sein de l'élevage et réussir à honorer son « droit à produire de 500 000 l ». Il espère ainsi atteindre son but : « réorganiser toute ma (sa) ferme autour d’un projet simple : produire en moyenne 25 l/VL/j uniquement avec des fourrages », tout en « faisant progresser considérablement les résultats économiques ».

Journaliste installation/transmission des exploitations

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