Le passage à l'an 2000 a marqué un véritable tournant dans la vie de Joël Philippe. Ébéniste puis commercial dans le secteur du mobilier, il s'est reconverti dans la production bovine. Après une formation pour adulte, il s'est installé dans les Côtes-d'Armor. 20 ans plus tard, à 53 ans, il y élève un troupeau de 150-160 vaches Angus et Salers, des races plutôt atypiques dans la région, et vend en direct à des particuliers et des restaurateurs.
« Changer de carrière, c'est prendre des risques, d'où l'importance de bien se former, et rapidement ! », reconnaît-il. S'il a découvert l'enseignement agricole tardivement, l'éleveur « n'oubliera jamais ses six mois de formation ». Il se souvient en particulier des « enseignants passionnés » qui « poussent tout le monde vers le haut », et des « rencontres régulières avec des professionnels ». « Le fait de mélanger des personnes de 30-40 ans avec des élèves de 15-18 ans, en recherche d'orientation, est aussi source de richesse », ajoute-t-il.
Changer de carrière, c'est prendre des risques. Il faut bien se former, et rapidement !
« Expliquer aussi les risques »
Juste retour des choses : une fois par an, Joël Philippe accueille des jeunes de lycées agricoles sur son exploitation, afin de témoigner de sa reconversion professionnelle en élevage. « C'est important de leur communiquer notre passion du métier d'éleveur, de leur donner dès le départ notre expérience du terrain », insiste le producteur qui se réjouit de voir, qu'à la fin des visites, les lycéens se posent beaucoup de questions. « Souvent, pour les enfants d'agriculteurs, tout est déjà prévu quant à la reprise de la ferme familiale et ils viennent avec, en tête, un modèle agricole assez conventionnel. Mais quand ils repartent, ils ont conscience qu'il y a plein de voies possibles. Et aussi plein de choses à maîtriser avant de s'installer et se lancer dans une production. »
« Aujourd'hui, je suis un éleveur heureux, c'est ça une insertion professionnelle réussie, poursuit Joël. Mon rôle est de le montrer, maintenant que j'ai la chance d'être au bout du parcours ! Comme de dire que ce n'est pas toujours simple d'en arriver là, ni facile tous les jours même maintenant ». L'éleveur a notamment rencontré quelques difficultés, au début de la pandémie de Covid-19, pour écouler ses produits. « Il faut expliquer les risques de notre profession, liés en particulier à la commercialisation et au fait qu'on travaille avec du vivant. Faut pas vendre que du rêve aux jeunes, l'économique représente une part substantielle de la réussite ! »
Il y a plein de choses à maîtriser, même avant de s'installer !
Joël Philippe leur raconte entre autres que, pour acheter son cheptel, il a fallu pas mal de temps et de persévérance. « Deux ans de négociation ont été nécessaires. Il fallait que je fasse mes preuves auprès des professionnels ! », met en avant le producteur, qui aime aussi parler de son métier et de sa façon de travailler à ses clients, qu'il invite régulièrement sur sa ferme, mais également au grand public lorsqu'il s'arrête dans son élevage. Son seul regret : « Si j'avais 10 ans de moins, je ferais une formation de boucher pour être à la fois naisseur, engraisseur, vendeur et transformateur ! »
Témoignage issu du webinaire du Cneap (Conseil national de l'enseignement agricole privé) de juin 2021, intitulé "L'enseignement agricole, en route vers votre réussite professionnelle" et diffusé sur Youtube.
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