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Aides d'urgence aux éleveurs bovinsUne « réponse insuffisante »

Le déblocage d'aides d'urgence pour les éleveurs bovins est un « signe positif » de la prise en compte de leur situation actuelle, mais une « réponse insuffisante » qui ne résout rien à long terme, a souligné lundi leur fédération (FNB).

« La Fédération nationale bovine salue un premier signe de reconnaissance, par le gouvernement, de la crise historique que traversent les éleveurs... tout en rappelant que ce plan d'urgence, dont les modalités d'attribution ne sont pas encore connues, ne constitue pas une réponse adaptée à la gravité de leur situation », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Lors d'un déplacement dans la Creuse, le Premier ministre Jean Castex a annoncé samedi le déblocage de 60 millions d'euros d'aides d'urgence aux éleveurs les plus en difficulté, qui ont gagné moins de 11 000 euros en 2020.

« Clea renforce les demandes qu'on a faites auprès du ministre sur la nécessité de trouver la manière de fixer un prix à hauteur des coûts de production pour les producteurs, parce qu'on ne va pas demander 60 millions tous les six mois », a déclaré à l'AFP M. Bruno Dufayet, président de la FNB. « On a fait le choix d'un modèle durable, à taille humaine, herbager, modèle qu'on défend complètement au niveau de la FNB. Par contre, derrière, on ne peut pas nous dire que la viande issue de ce modèle là, on la ramène dans la grande cavalerie du marché mondial et où le marché définit le prix », a-t-il ajouté.

Il a dénoncé une « incohérence politique », expliquant qu'on ne pouvait faire le choix d'un modèle familial durable, soutenu par la FNB, et le laisser se confronter aux prix pratiqués pour la viande issue de  feedlots, ces centres d'engraissement de masse, et de « fermes industrielles et gigantesques ».

Alors que les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et l'agroalimentaire se sont achevées une nouvelle fois début mars sur un constat amer des producteurs, M. Dufayet, également éleveur dans le Cantal, voit là « une des explications de l'échec » de la loi Alimentation de 2018, censée améliorer les revenus des agriculteurs. « On est tous très fiers d'avoir l'agriculture la plus durable du monde, par contre on n'est pas allé au bout de l'ambition et cette incohérence-là fait que ça ne peut pas fonctionner », a-t-il indiqué, avant d'insister : « Il faut un prix qui soit défini à hauteur du coût de production ».

Le ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, a récemment agité la menace d'une nouvelle loi visant notamment à introduire plus de transparence dans les négociations. « Si on contraint pas et on n'impose pas, on peut réécrire la loi, le sujet majeur, c'est : est-ce qu'on va vouloir contraindre ou pas la prise en compte de ce coût de production », a conclu M. Dufayet.

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