Après une année qualifiée d’exceptionnelle, caractérisée par des prix rémunérateurs dans de nombreux pays, l’European Milk Board pointe la menace d’une nouvelle chute des prix payés aux producteurs liée au déséquilibre du marché. « Partout dans l’Union européenne, la consommation de produits laitiers diminue. En parallèle, la production tirée par les prix augmente, contribuant ainsi à un déséquilibre du marché, constate Kjartan Poulsen, président danois de l’EMB. Conséquence, depuis trois mois, la tendance est à la baisse des prix. Il faut aborder cette question de la surproduction pour prévenir le retour à une situation de crise. »
Activer le programme de réduction des volumes
Lors d’une conférence de presse au Salon de l’agriculture à Paris, l’EMB et ses structures adhérentes (en France l’Apli et la Coordination Rurale) ont appelé l’UE à agir sans attendre : « L’observatoire du marché laitier (MMO : Milk Market Observatory) ne doit pas se contenter de recueillir des données. La Commission doit se saisir des analyses de marché de l’agence de surveillance et engager dès maintenant des mesures de réduction des volumes appropriées. L’efficacité de la réduction volontaire des volumes a été prouvée en 2016-2017. Ce programme doit être activé au plus tôt. »
Depuis janvier, des opérateurs importants du nord de l’Europe, comme Arla ou Friesland, ont en effet baissé leur prix de 15 cts/litre. Avec un prix qui n’a pas connu l’envolée de ses voisins européens et une production plutôt en recul, la France a une position atypique, mais pourrait aussi subir les conséquences de cette évolution du marché. D’autant plus que la valorisation des PGC sur le marché national est mise à mal par les pratiques jugées déloyales de la grande distribution.
Mettre fin au dumping par les MDD
Dans un contexte d’inflation, l’EMB appelle à mettre fin au dumping par les marques de distributeurs (MDD). « Certaines chaînes de distribution profitent de l’inflation pour vendre leurs MDD à prix réduit et prendre des parts de marché en se finançant avec les marques nationales, les marques de producteurs ou la bio, dénonce Adrien Lefèvre, président de l’Apli. À long terme, ces pratiques tendent vers une situation de monopole au détriment du producteur et du consommateur. » Des pratiques que l’on retrouverait également en Belgique et qui ne concernerait pas que les produits laitiers.
Comme l’EMB l’a également constaté lors de sa conférence de presse, la position des producteurs sur le marché doit donc être renforcée. « Le secteur a besoin d’organisations de producteurs fortes et transversales qui puissent négocier avec plusieurs laiteries. La politique est appelée à soutenir et promouvoir ces structures. Dans l’idéal, ces organisations de producteurs devraient être transnationales afin de couvrir le marché sur plusieurs régions », a affirmé Kjartan Poulsen, appelant, par la même occasion, les producteurs européens à rejoindre des organisations de producteurs transversales dans le but de renforcer l’impact et le pouvoir de négociation des producteurs laitiers.
Banette, la Prim’Holstein qui a produit 184 909 litres de lait en 14 lactations
« On ne peut pas garantir que la viande importée du Mercosur soit sans hormones »
Des Aubracs qui font des kilomètres pour pâturer et entretenir le territoire
Jules et Apolline, installés hors cadre familial : « Sans Terre de liens, ça n’aurait pas été possible »
Sabine et Cédric Lecointe ont investi 200 000 € dans le robot de traite GEA DairyRobot R9500
Décision de l'UE sur le Mercosur : au Salon de l'agriculture, on crie à la « trahison »
La guerre au Moyen-Orient tend les prix des engrais azotés en Europe
Prix des engrais : la tendance « clairement orientée à la hausse »
Guerre en Iran : hausse du gaz, du pétrole et des engrais, quels impacts pour l’agriculture ?
Chez Sébastien Renier, « avoir assez de fourrage pour 155 vêlages, c'est un vrai stress »