Dans le cadre des EGA, le gouvernement avait demandé à chaque filière de bâtir un plan stratégique qui définisse les différents marchés, mais surtout un prix juste pour tous les acteurs. Ce travail devait être le préalable à toute mesure législative visant à encadrer les relations commerciales, dont le fameux seuil de revente à perte. La filière lait a donc rendu sa copie. D’aucuns y verront un manque d’ambition et de propositions concrètes, voire une certaine naïveté, d’autres un retour au dialogue interprofessionnel avec des engagements précis des industriels et des distributeurs. Ce plan prévoit en effet que l’interprofession propose d’ici à six mois des indicateurs qui définissent la valeur du marché intérieur des produits de grande consommation.
Ensuite, tous les acteurs économiques se sont engagés à les utiliser. Objectifs : rendre les négociations commerciales plus transparentes et équitables. Utopie ou changement de paradigme ? Il se dirait que tout le monde est fatigué de la guerre des prix qui fait rage depuis des années. Même la plus belliqueuse des enseignes serait prête à rendre les armes. Enfin, les transformateurs et leurs grandes marques ont compris l’intérêt qu’il y a, aujourd’hui, à ménager la rémunération des producteurs. La suite reste à écrire, mais l’entrée de la distribution à l’interprofession est un symbole assez fort.
France Terre de lait comme socle commun
Certes, ce plan n’est qu’un début, mais il a le mérite d’entériner le fait que le marché intérieur est porteur de valeur. Et pour l’asseoir, la filière propose de créer un socle de référence, appelé France Terre de lait, qui s’imposera à tous, producteurs compris. Il doit permettre de différencier les produits laitiers français aux yeux des consommateurs. C’est ce qu’on appelle une démarche de responsabilité sociétale qui engage sur le respect de l’environnement et du bien-être animal, mais aussi sur la juste rémunération des éleveurs.
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