La marge sur coût alimentaire est un indicateur clé pour les éleveurs de vaches laitières, permettant de mesurer la rentabilité de l’alimentation du troupeau. Elle représente la différence entre les revenus générés par la vente de lait et les coûts liés à l’alimentation des vaches traites. Cet indicateur est pertinent pour optimiser la performance technico-économique de l’atelier laitier.
La marge sur coût alimentaire se calcule en soustrayant le coût total de l’alimentation des vaches laitières aux revenus issus de la vente de lait. Les revenus de vente de lait correspondent à la quantité de lait vendue multipliée par le prix de vente payé (et non le prix de base) aux 1 000 litres. Le coût alimentaire comprend le coût des concentrés, et celui des fourrages et des minéraux et autres compléments, composant la ration des vaches laitières.
C'est un indicateur crucial pour les éleveurs de vaches laitières, influençant directement la rentabilité de leur exploitation. Une gestion précise et optimisée de l'alimentation peut significativement améliorer cette marge.
Tenir compte des coûts de fourrages réalistes
Il est important de prendre des coûts de fourrages réalistes. Pour cela, prenez des coûts rendus auge : cela signifie qu’il faut inclure les intrants, la mécanisation à la récolte, mais aussi le stockage, la mécanisation à l’auge et la main d’œuvre aux différentes étapes de chantier.
Par exemple, un ensilage de maïs conventionnel, non irrigué, au rendement de 11 t MS/ha, atteint les 180 €/t MS, main d’œuvre incluse. Ce prix est bien loin de ce que certains techniciens ont tendance à saisir pour prétendre que la marge sur coût alimentaire est bonne…
Un exemple concret pour mieux comprendre
Prenons l'exemple d'une vache produisant 32 litres de lait par jour, à équivalent taux butyreux 38 g/kg et taux protéique 32 g/kg avec la ration et les coûts suivants :
Aliment
Quantité
Coût €/t
Total
Ensilage de maïs
15,3 kg MS
180 €/t MS
2,80 €
Ensilage d'herbe
2,7 kg MS
165 €/t MS
0,40 €
Soja/colza 70/30
2,8 kg
450 €/t livré ferme
1,30 €
Minéral
320 g
700 €/t
0,20 €
Sel
60 g
330 €/t
0,02 €
Le coût total de la ration est donc de 4,72 € par vache par jour.
Si le lait est vendu à 450 €/1000 l, le revenu journalier par vache est de : 32 litres x 450 €/1000 l = 14,4 €.
La marge sur coût alimentaire par vache par jour est alors de : 14,4 € - 4,72 € = 9,68 €
Différence entre marge sur coût alimentaire et coût alimentaire aux 1 000 litres
Cette marge permet de comprendre combien d'argent reste à l'éleveur pour couvrir les autres coûts de production (soins vétérinaires, équipements, etc.). Elle donne donc une idée de la rentabilité de l’atelier laitier.
Il peut être intéressant de suivre aussi le coût alimentaire aux 1 000 litres. Celui-ci se concentre sur l'efficacité de l'utilisation de l'alimentation pour la production de lait, indépendamment des revenus dégagés par la vente de lait.
En résumé, bien que les deux indicateurs soient liés à la gestion des coûts alimentaires, ils servent des objectifs différents : l'un mesure la rentabilité après coûts alimentaires (marge sur coût alimentaire) et l'autre mesure l'efficacité des coûts alimentaires par rapport à la production de lait (coût alimentaire aux 1000 litres).
Leviers d'action pour améliorer la marge
Une bonne marge sur coût alimentaire commence autour de 9 €/vache/jour. Plus elle est élevée, meilleure est la rentabilité de la ration des vaches. Plusieurs leviers d’action sont possibles pour améliorer la marge :
- incorporer des matières premières plutôt que des aliments de production (de type « VL ») car en effet, les tarifs livrés ferme sont souvent plus intéressants, mais surtout les compositions et valeurs alimentaires sont stables ;
- être attentif à produire des fourrages de haute qualité pour réduire la dépendance aux concentrés ;
- piloter les refus, à raison de 3 à 5 % maximum, ce qui aura pour effet d’éviter le gaspillage ;
- négocier de meilleurs prix pour les concentrés en réalisant des contrats en avance pour sécuriser les volumes nécessaires et anticiper l’envolée des prix.
D’autres pistes sont envisageables sur la gestion du troupeau, la qualité des fourrages…
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