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Contractualisation en viande bovineLa FNB en VRP pour « tenter le coup » du contrat et d’une meilleure rémunération

Sur le terrain, la mise en place de cette contractualisation obligatoire impose un changement dans la façon de s’accorder avec son premier acheteur. (©Terre-net Média)
Sur le terrain, la mise en place de cette contractualisation obligatoire impose un changement dans la façon de s’accorder avec son premier acheteur. (©Terre-net Média)

Ces dernières semaines, les représentants de la fédération nationale bovine ont joué les VRP pour inciter les éleveurs à faire signer un contrat à leur premier acheteur, et ainsi respecter la loi Besson-Moreau rendant obligatoire cette contractualisation. La FNB espère aussi signer rapidement un pacte avec 5 000 bouchers pour privilégier les viandes racées françaises.

 

La Fédération nationale bovine ne comptait pas en rester sur l’échec de la loi Égalim sur la filière bovine. Les vœux 2022 de ses représentants sont nourris d’espoirs de voir enfin se déployer la contractualisation entre le producteur et son premier acheteur comme l’impose la loi Besson-Moreau pour certaines catégories de bovins à compter du 1er janvier 2022.

Après une « année 2021 très compliquée » et une « situation catastrophique sur les prix », « les nouvelles dispositions réglementaires doivent renverser la tendance », espère Bruno Dufayet, le président de la FNB lors de la présentation de ses vœux à la presse. « La contractualisation obligatoire est une demande des éleveurs depuis 20 ans ! » rappelle-t-il.

Signer un contrat écrit au premier acheteur, c’est, selon la FNB, « tenter aussi le coup d’une meilleure rémunération ». « Car si la contractualisation revient simplement à mieux organiser le ramassage des animaux, ça ne servira à rien ».

Depuis plusieurs semaines, les représentants de la FNB sillonnent les campagnes pour informer les éleveurs et les convaincre de signer en bas de la page. « Nous avons multiplié les réunions cantonales pour essayer de toucher le maximum d’éleveurs. Nous sensibilisons aussi les techniciens en élevage, que ce soit les techniciens de coopératives ou de chambre d’agriculture, les conseillers de gestion, les animateurs syndicaux », poursuit Cédric Mandin, le secrétaire général du syndicat. Une vingtaine de réunions d’information ont été organisées fin 2021. Une dizaine d’autres ont déjà eu lieu courant janvier ou sont programmées dans les prochains jours. « Nous n’en sommes qu’au début ».

Ce travail de fourmi qui s’annonce laborieux : moins de 2 % de la viande produite en France est vendue sous contrat. « On sait qu’il se signe quelques contrats. On n’a pas encore un retour massif des acteurs de l’aval », reconnaissent les leaders syndicaux. Sur le terrain, la mise en place de cette contractualisation obligatoire impose un changement dans la façon de s’accorder avec son premier acheteur. « Il s’agit non plus de s’accorder au cul du camion quand les bêtes sont prêtes à partir – ce qui met l’éleveur en position de faiblesse – mais de signer un contrat bien en amont de l’expédition des animaux. »

En parallèle, la FNB projette de « signer un pacte » avec la boucherie française. « Lors du prochain salon de l’agriculture (dont la tenue se confirme, ndlr), nous devrions signer un pacte avec 5 000 bouchers pour valoriser la qualité de nos productions. »

Plus de 50 % du cheptel allaitant détenu par des éleveurs de plus de 55 ans

La difficulté du déploiement de la contractualisation dans la filière bovine reste à la hauteur de l’enjeu de la rémunération des éleveurs allaitants. « La situation est simple : le revenu moyen a été de 700 €/mois pour les éleveurs naisseurs. Et même si nous avons commencé à voir une amélioration des prix sur certaines catégories de bovins, cela a été complètement absorbé par la hausse des charges, et en particulier la hausse des prix de l’énergie », explique Bruno Dufayet. Dans ce contexte, la décapitalisation du cheptel s’est poursuivi en 2021. « Nous avons perdu 105 000 vaches en un an. »

Pour la FNB, c’est aussi un enjeu « vital » de renouvellement des générations dans la filière. « La spirale de la décapitalisation du cheptel a aussi engendré une énorme baisse du nombre d’éleveurs. Le recensement 2020 enregistre une baisse de 32 % du nombre d’éleveurs en 10 ans. « Aujourd’hui, plus de la moitié du cheptel est détenu par des éleveurs de plus de 55 ans. »

Pour ce premier semestre 2022, le syndicat entend aussi rester mobilisé sur le front européen pour faire avancer certains sujets sous la présidence française de l’Union européenne. « Nous appuyons le travail de la France sur les clauses miroirs et la réciprocité des normes, en particulier dans trois domaines : l’utilisation des antibiotiques, actuellement utilisés comme activateurs de croissance dans certains pays, la traçabilité, pour notamment s’assurer que la viande importée n’est pas issue de la déforestation, et les règles sur le transport des animaux. »

 

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