L'accord a été approuvé à une courte majorité, avec 72 votes pour et 69 contre. Les quatre partis de la coalition du Premier ministre Mark Rutte ont tous voté en faveur du Ceta, en dépit de l'opposition initiale de l'Union chrétienne (CU). Le parti conservateur avait tout d'abord émis quelques réserves, demandant notamment des contrôles douaniers plus stricts concernant les importations de viande.
Dans une rare manifestation d'unité, les principaux partis d'opposition, y compris les écologistes GroenLinks et le Parti pour la liberté (PVV) du député d'extrême droite Geert Wilders, ont voté contre. L'accord ne sera toutefois ratifié par le Parlement néerlandais que s'il est approuvé par le Sénat, où l'opposition pourrait bien faire pencher la balance. La coalition de Mark Rutte ne dispose en effet que de 32 sièges sur les 75 qui composent le Sénat, où un vote ne pourrait avoir lieu que dans quelques semaines.
Négocié pendant plus de sept ans, « l'Accord économique et commercial global » (AECG) - Ceta en anglais - avait été approuvé par le Parlement européen en février 2017. Il supprime notamment les droits de douanes sur 98 % des produits échangés entre l'Union européenne et le Canada. Dans l'attente d'une ratification de la part de tous les États membres de l'UE, cet accord est déjà provisoirement appliqué, depuis près de deux ans. La ministre néerlandaise du commerce extérieur et de la coopération au développement, Sigrid Kaag, l'une des principales défenseures du Ceta, a averti qu'un refus de l'adopter « causerait d'immenses dommages aux Pays-Bas et à l'Union européenne ». « Cela donnerait un mauvais signal, surtout maintenant que nous négocions avec le Royaume-Uni au sujet d'un accord commercial post-Brexit », a-t-elle récemment déclaré dans une interview accordée au quotidien néerlandais NRC.
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