Les professionnels de l'élevage et plusieurs ONG se sont opposés vendredi à l'entrée en vigueur en France du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, après la remise au Premier ministre d'un rapport qui comporte des réserves importantes sur les plans environnemental et sanitaire.
Ces revendications sont formulées alors que le gouvernement doit présenter mercredi « les enseignements » qu'il tire de ce rapport d'experts chargé d'évaluer les impacts du traité de libre-échange UE-Canada, le Ceta. L'accord doit entrer provisoirement en vigueur le 21 septembre mais il est au centre de controverses dans plusieurs pays européens en raison de craintes de voir la concurrence entre secteurs agricoles accrue, les normes sanitaires et environnementales affaiblies et certaines politiques publiques entravées.
« Le rapport (...) confirme les craintes des professionnels de la filière élevage et viande française quant aux conséquences très préjudiciables de cet accord », indique dans un communiqué l'interprofession du bétail et la viande, Interbev. Elle demande par conséquent au président Macron « de refuser l'application de cet accord, destructeur pour nos filières et allant à l'encontre de nos choix d'alimentation » et appelle les parlementaires, qui devront prochainement se prononcer sur le texte, « à le rejeter au regard de ces conclusions ».
Dans un communiqué commun, la FNH (Fondation pour la Nature et l'Homme, ex Nicolas Hulot), l'Institut Veblen et Foodwatch ont appelé de leur côté Emmanuel Macron « à bloquer l'application provisoire prévue le 21 septembre et à renégocier l'accord », estimant que le Ceta « fait peser des risques sur l'environnement, l'alimentation, la santé, le climat et sur notre agriculture ». Cet accord, « incompatible » avec l'accord de Paris, « va entraîner une hausse des émissions de gaz à effet de serre » et « menace la capacité des États de développer de nouvelles réglementations indispensables pour lutter contre le changement climatique et renforcer les normes de protection des consommateurs par exemple en matière d'OGM », estiment les signataires de ce communiqué.
Le gouvernement, après avoir reçu officiellement ce rapport vendredi matin a, dans un communiqué, affirmé que « la Commission identifie plusieurs points de vigilance associés à l'entrée en vigueur du Ceta ». Il note qu'elle « recommande au gouvernement de prendre un certain nombre de mesures pour s'assurer d'une mise en œuvre du Ceta conforme à l'objectif d'assurer des niveaux élevés de protection de l'environnement et de la santé, et cohérente avec les objectifs de l'Accord de Paris ».
Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait fait un pas vers les écologistes et les opposants à ce traité commercial en promettant « une commission de scientifiques » pour évaluer les conséquences de l'accord et « faire modifier le texte » si besoin.
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