« L'élevage et l'engraissement canadien sont beaucoup plus compétitifs qu'en Europe, car les animaux sont regroupés sur des exploitations gigantesques (feedlot en anglais) de 5 000 à 100 000 têtes », explique Baptiste Buczinski, économiste à l'Institut de l'Élevage, l'un des auteurs de l'étude diffusée jeudi soir par les Verts et le syndicat interprofessionnel de la viande, Interbev. L'avantage compétitif du Canada s'illustre aussi par la concentration de la filière. Deux acteurs seulement, le groupe brésilien JBS et l'Américain Cargill se partagent l'abattage de 90 % du boeuf canadien dans l'ouest du pays, souligne M. Buczinsk. Face à ces géants qui abattent respectivement 8 et 4 millions de tonnes de viande bovine par an, l'Europe fait figure de nain avec le groupe néerlandais Vion et le Français Bigard qui abattent chacun un peu moins de 500 000 tonnes par an, note-t-il.
Autre problème, les vaches canadiennes peuvent consommer des protéines animales transformées (farines de poisson, de volailles ou de porc, mais pas de ruminants), alors qu'elles sont interdites dans l'alimentation animale en Europe, note-t-il. Selon l'étude intitulée "analyse de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada dans le secteur des produits animaux", réalisée par des universitaires français d'Agro Paris Tech, de l'Institut de l'Élevage et de l'Institut du Porc, l'accord va aussi accroître le déficit commercial européen sur les oléagineux (colza ou canola) et les céréales entre les deux continents.
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