Réagissant au bilan de la première phase de dépôt des demandes d’aides à la réduction de la production laitière, l’OP France Milk Board Grand Ouest estime qu’il s’agit d’un signe fort vers davantage de régulation et d’organisation.
« Selon Franceagrimer, près de 13 000 demandes d’aide à la réduction de la production laitière ont été comptabilisées. C’est un signe fort de ces nombreux producteurs qui se sont ainsi engagés dans cette démarche, et un signe de soutien à l’engagement du ministre de l’agriculture vers une plus grande régulation de la production, réagit Denis Jehannin, vice-président de l’organisation de producteurs FMB Grand Ouest.
« Si l’Allemagne et d'autres pays suivent la même tendance, cela veut dire que les producteurs européens ont pris conscience que "produire plus pour gagner moins" n'est pas la solution pérenne pour la filière », poursuit-il.
Selon le représentant de FMB Grand Ouest, « cela veut dire aussi que, même avec un accord de prix à 275 €/1 000 l de moyenne en 2016, les éleveurs continuent à produire en dessous de leurs coûts de production. Une situation qui n’est pas tenable puisque les coûts de production avoisinent les 400 €/1000 l, rémunération comprise. »
Enfin, « dès la crise du lait de 2009, les producteurs qui avaient fait la grève du lait ont compris que l’adéquation entre l’offre et la demande est primordiale en Europe, et qu’après cette gestion de crise indispensable, il faut mettre en application un programme de responsabilisation des marchés ». Ce programme de régulation, appelé PRM, est défendu par les trois OP France Milk Board (Grand Ouest, Normandie et Sud-Ouest) et par le mouvement européen European Milk Board.
« Réguler et s’organiser »
« Par ailleurs, plus de 4 000 dossiers ont été déposés par les OP et les coopératives. Signe que les producteurs ont besoin des OP pour les représenter ! Mais ce n’est pas suffisant pour créer un pôle producteurs assez fort au sein de la filière. Il faut regrouper en France les livreurs privés et coopératifs au sein d 'une organisation de producteurs transversale par bassin de production. Mais aussi rassembler ces OP au niveau national voir transnational. C 'est le seul schéma cohérent pour gérer les volumes et donc le prix. Nos trois OP France Milk Board reconnues s’inscrivent parfaitement dans ce schéma. »

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