Jean-Baptiste Carrié élève des vaches allaitantes limousines dans l'Aveyron. Converti depuis trois ans aux méthodes du pâturage tournant dynamique, il ne reviendrait plus en arrière à ce jour. Cela lui a permis d'augmenter la durée du pâturage, de faire grimper les rendements, de supprimer ses intrants et d'améliorer l'état général du troupeau.
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Le pâturage tournant dynamique (communément raccourci sous le terme PTD par ses adeptes) n’a plus de secret pour Jean-Baptiste Carrié. Installé à Lunac (12), il conduit depuis 3 ans ses 75 Limousines en label rouge du 15 mars jusqu’à la mi-novembre selon cette nouvelle méthode de pâturage. Parmi ses 60 ha, 45 sont en prairies (dont 23 ha de prairies naturelles). « Le pâturage tournant dynamique consiste à faire pâturer de l’herbe à son stade optimum, c’est-à-dire 3 feuilles, explique-t-il. Les vaches changent de paddock tous les un à trois jours. Cela laisse un repos à la parcelle de 18 à 60 jours selon la rapidité de pousse de l’herbe. » L’éleveur s’est tourné vers cette pratique dans l’objectif de produire plus en réduisant ses intrants.
Quelques aménagements nécessaires
Avant de se lancer, il a d’abord suivi une formation théorique puis pratique avec un groupe d’éleveurs. Il a ensuite fallu aménager les parcelles. Pour cela, Jean-Baptiste a utilisé les quelques chemins déjà existants sur son exploitation et en a créé de nouveaux. Il a alors découpé ses différentes parcelles dans le sens de la pente pour obtenir finalement une quinzaine de paddocks. « La taille des paddocks dépend du nombre de vaches et de jours de pâturage. Mon objectif de départ se basait sur 1 paddock/jour mais je suis plutôt à 1,5 paddock/jour », confie-t-il.
Pour l’eau, c’est un peu plus compliqué : « J’ai seulement 2 points d’eau dans les chemins d’accès mais l’optimum serait que les vaches aient accès à l’eau dans tous les paddocks ; ça viendra par la suite », assure l’éleveur. Au total, il estime avoir investi 60 €/ha pour l’aménagement des parcelles ce qui représente un coût de 6 €/ha/an puisque le tout est amorti sur 10 ans. Après bientôt trois ans de recul, l’éleveur n’a aucun regret quant à cet investissement : « La première année, j’ai fait 5,4 t de rendement puis 6,4 t la deuxième année mais il ne faut pas oublier qu’on n’utilise ni gasoil ni matériel pour faucher car tout est récolté par les vaches elles-mêmes ! »
Que de bénéfices avec le pâturage tournant dynamique !
Selon l’éleveur, le PTD apporte un grand nombre de points positifs ; il l’assure : « c’est tout bénef ! » Grâce à cette méthode, il a augmenté sa durée de pâturage ainsi que son rendement avec une meilleure densité sur les prairies. Il n’y apporte d’ailleurs plus aucun intrant. Selon lui, ses bêtes sont en meilleure forme avec un poil plus luisant et moins de problèmes de santé. D’ailleurs, les veaux semblent prendre davantage en croissance grâce au lait de leur mère de bonne qualité.
Sa plus grosse difficulté est, il l'avoue, de ne plus faire raser les vaches : « Avant je les faisais systématiquement raser chaque pâture et la mousse s’installait. Aujourd’hui, j’ai bien compris que le surpâturage ne fait que diminuer le rendement. » Cette méthode demande néanmoins un certain suivi : Jean-Baptiste fait régulièrement le tour des paddocks pour vérifier le stade de l’herbe et décider quelles parcelles seront à faire pâturer en premier.
N.B : La vidéo a été réalisée par la chaine Youtube Osez l'agroécologie

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