D epuis plus de 30 ans, les charges des exploitations progressent alors que le prix de la viande stagne. Cela a poussé les éleveurs à faire différemment afin de compenser cette perte de revenu. Janvier c'est le mois des bonnes résolutions alors pourquoi pas vous ?
Sans en faire plus, deux voies méritent d'être explorées :
1. Produire un maximum de la ration sur la ferme
Diminuer ses achats d'aliments passe par le gain d'autonomie en protéines, la principale charge en engraissement bovin viande. Pour cela, les stratégies les plus efficaces sont :
- Date de récolte des fourrages précoce – comme pour les laitiers – pour les meilleures valeurs alimentaires possibles.
- Mélanges de prairies multi-espèces pour moins d’intrants et plus de rendement.
- Légumineuses en pure, la Rolls pour ceux qui le peuvent.
- Arrêt du maïs sous sa forme ensilage pour ne récolter que le grain ou l’épi.
- Méteils en ensilages précoces ou grains
2. Se diriger vers le circuit court
Si ce confinement a bien montré une chose, c’est que le second paramètre d’une marge est le prix de vente et que ce n’est pas des industriels que viendra le salut, mais bien des initiatives des éleveurs. D'où le développement des stratégies en circuit court ou direct.
En résumé, éliminer le maximum d’intermédiaires ! Car si le prix d’achat de la viande aux éleveurs stagne, elle augmente pour les consommateurs en raison de la hausse des marges des GMS et abatteurs.
L’objectif de cette démarche est multiple :
- Bien évidement, récupérer de la marge sur l’exploitation, confortant la rentabilité de son entreprise, et évitant comme seule issue l’agrandissement.
- Avoir des débouchés aux prix stables. La vente directe, ou en boucherie traditionnelle permet même d’appliquer de petites hausses si nécessaire.
- Créer ou plutôt re-créer la relation avec les consommateurs. Contrairement aux idées véhiculées par les réseaux sociaux ou la TV, les consommateurs font confiance aux éleveurs !
Avant j’étais producteur de viande, maintenant je nourris des familles, que je connais et qui me reconnaissent. (Citation d'éleveur)
- Mieux valoriser son métier, un critère important pour l’estime de soi.
La vente directe de viande : un succès
Vaches engraissées, essentiellement avec les produits de la ferme, et vendues en caissettes et/ou à des restaurateurs, le tout en direct : ça n’est plus une niche, ou alors quelle niche ! La plupart des éleveurs ont vu depuis le confinement leurs ventes exploser, et ce alors que certains avaient déjà une très belle activité dans ce domaine. La démarche est simple, mais nécessite plusieurs éléments :
- Produire de la qualité, ça va sans dire, mais passer ses vieilles réformes, ou des animaux boiteux dans un circuit court est une erreur stratégique majeure. Un client déçu ne reviendra pas, et retournera en GMS. Les vaches idéales ont vêlé au moins une fois, ont maximum 8 ans, et ont été engraissées lentement avec les produits de la ferme. Cet argument est essentiel pour rassurer nos consommateurs. De plus en plus de génisses de deux ans, voire même de JB trouvent preneurs également car leur viande est très tendre.
- Avoir envie et trouver sa clientèle, et oui c’est un nouveau métier que de savoir vendre, et SE vendre. Mais un éleveur passionné est le meilleur ambassadeur pour ses produits, à l’image d’un vigneron. Pour certain une petite formation avec quelques bases de commerce peut aider.
- Être bien situé… ou se déplacer ! Et oui là, tout le monde n’est pas à égalité. Plus facile de vendre de la viande à bon prix proche des grandes villes avec du pouvoir d’achat, qu’en pleine campagne ou des collègues vendent déjà de la viande depuis des années. Alors même si vous n’êtes pas en proximité directe avec un gros potentiel de consommateurs, tout n’est pas perdu, avec un bon site internet, et un service comme Chronofresh, on peut soulever des montagnes.
- Enfin, comme tous les marchés, si vous êtes le 4e éleveur de la commune à vendre des caissettes de charolais en direct, à moins d’être le moins cher, vous ne percerez pas. Plutôt que de vous contenter de 3-4 vaches par an à 12,5 €/kg, essayez de vous différencier. Certains introduisent une nouvelle race, plus rare en local, pour arriver à vendre plus et plus cher. L’Angus et l’Aubrac ont la cote en ce moment.
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