Chaque année à Tech’Élevage, des tables rondes permettent à des jeunes qui cherchent une exploitation pour s’installer en élevage, et des cédants un repreneur pour la ferme, de se présenter et se rencontrer. Alexis Chevallerau, Alexis Courtois, Lucas Gaudin, Colin Hayault, Léo Jamin, Kévin Pajot et Lola Pontoizeau se sont prêtés à l’exercice, en vidéo et quelques minutes chrono pour aller à l’essentiel et être le plus percutant possible afin d’attirer l’attention d’éleveurs en passe de cesser leur activité.
« Ne pas se laisser déborder par le travail »
Six garçons et une fille, âgés de 18 à 29 ans, cinq ayant moins de 25 ans. Six projets en bovins viande et un en vaches laitières, en Vendée, la plupart en société. Tous expliquent en quelques mots ce qui est le plus important pour eux. Alexis Courtois, 19 ans, est parmi les plus jeunes et le seul à envisager une installation en vaches laitières, mais d’ici 4-5 ans, de préférence en individuel même s’il ne ferme pas la porte à une association. Il vise « une exploitation à taille humaine pour ne pas se laisser déborder par le travail ».
Lucas, 17 ans, compte bien lui s’associer, avant tout pour diversifier les ateliers et les productions, chaque associé étant spécialisé dans un domaine. Colin, 22 ans, préfère lui aussi intégrer une société, mais où tout le monde est « polyvalent et multi-tâches pour pouvoir se remplacer ». Léo, 21 ans, privilégie une installation sociétaire pour « le travail en équipe ».
« Une ferme qui permette d’exprimer ses compétences »
La benjamine, Lola, 18 ans, espère ainsi « réussir à mieux concilier vie professionnelle et familiale ». Kévin, l’un des deux seuls à approcher la trentaine puisqu’âgé de 28 ans, est ouvert à une reprise seul ou en association, du moment que c’est en engraissement de Charolais ou Limousins. Il souhaite « maîtriser les coûts et le temps de travail ». Selon lui, engraisser des taurillons permet « d’allier rentabilité et disponibilité, pour les cultures, soi et sa famille ».
Alexis Chevallerau, le doyen avec ses 29 ans, fait part d’une préférence pour une installation sous statut individuel. Il aimerait un système « simple et efficace » : herbager extensif pour ses bovins allaitants, avec à l’idéal 1 ha d’herbe par vache et par veau, pour que « les animaux soient dehors le plus possible » ; en semis simplifié voire direct pour les cultures, afin également de « préserver les sols ».
Florian Grondin n’est pas intéressé par les vaches mais par la volaille. Ce qu’il met en avant peut cependant être utile à tous les futurs éleveurs : « Il faut un outil de production fonctionnel et rentable ». La raison qu’il évoque en premier est tout autant digne d’intérêt : « Pouvoir exprimer ses compétences techniques. »
Deux tentatives de transmission ont avorté
Assistant à cette présentation, Michel, en Gaec à deux associés pendant 27 ans et seul depuis 3 ans sur sa structure, en bio depuis 1997, a à cœur de transmettre son élevage bovin allaitant. Il y a bien eu deux tentatives de reprise de l’exploitation, « bien avancées » : la première a duré six mois et la seconde deux ans ! « Au final, ça ne s’est pas fait, raconte-t-il, pour des raisons financières, alors qu’ils paraissaient fiables tous les deux. » L’éleveur y « croyait énormément », la déconvenue a été d’autant plus forte. « 240 ha et 150 vaches, il y a de quoi faire vivre deux personnes pourtant », souligne-t-il.
De quoi faire vivre deux personnes pourtant !
« C’est un métier épanouissant, un vrai mode de vie même », au contact de la nature, dans un bel environnement, « surtout que je suis dans une zone de marais ». Michel arrêtera de toute façon mi-2026 et a commencé, à regret, à vendre des animaux. Trouver un repreneur pour la ferme devient vraiment urgent, « sinon un élevage de plus disparaîtra », alerte-t-il. Espérons que son témoignage au salon aura suscité l’intérêt de porteurs de projet d’installation en élevage. À l’inverse, l’un des jeunes, qui se sont présentés plus haut, a peut-être retenu son attention ?
« S’assurer que c’est le bon moment »
Jean-Philippe Arnaud, conseiller transmission à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, donne quelques conseils pour faciliter la recherche d’un successeur, dont certains sont un peu différents des recommandations entendues dans chaque réunion ou formation sur la transmission d’exploitation agricole. Bien sûr, l’offre du cédant doit être « percutante », « essentiel pour attirer le bon candidat », insiste-t-il. Le repreneur, lui, doit être précis dans ses critères pour se voir proposer une ferme qui corresponde.
« Il faut savoir parfois lire entre les lignes », fait remarquer le conseiller. Pour la rencontre ensuite, il faut « s’assurer que c’est le bon moment ». « Des fois, ce n’est pas le cas – trop tôt par exemple – or cela peut être très impactant pour la suite », met-il en garde, avant de poursuivre : « Même les candidats ne semblant pas idéals méritent d’être vus : les apparences peuvent être trompeuses et cela vous permet, le cas échéant, d’être sûr que leur profil n’est pas adapté. »
Attention aux premières minutes de l’entretien, elles sont souvent déterminantes. « Dès le départ, on sent certaines choses », illustre Jean-Philippe Arnaud. Cédants comme repreneurs ne doivent pas négliger « le besoin de se réassurer, de se faire accompagner dans leur cheminement et pour comprendre ce qui se joue », argue-t-il encore. Le plus important, conclut-il : « S’accorder le temps nécessaire pour laisser le projet mûrir. »
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