Le cheptel bio a énormément progressé au cours de la dernière décennie. Les effectifs de vaches laitières en conversion ont plus que doublé entre 2016 et 2021, et le troupeau allaitant n’est pas en reste. Les abattages vont bon train, avec des volumes multipliés par trois en dix ans, mais force est de constater que certains animaux peinent à trouver un débouché dans la filière. Au rang des indésirables, le veau mâle tient la première place.
L’Institut de l’élevage a suivi le parcours des mâles laitiers nés dans la filière biologique en 2017. Et leurs chances de finir en barquette au rayon AB d’une boucherie sont maigres. 86 % d’entre eux ont quitté la filière. Direction l’export, ou l’engraissement en conventionnel.
Les mâles allaitants s’en sortent un peu mieux, avec 42 % des veaux valorisés dans la filière biologique. Les productions de veaux de moins de huit mois et de bœufs sont les principaux débouchés.
Car le bœuf tire son épingle du jeu. Les agriculteurs bio le préfèrent au JB, moins exigeant en termes de rationnement. Il est possible d’engraisser des bœufs à l’herbe, là où la production de JB demande souvent des concentrés ou coproduits. Si bien qu’en dix ans, la production de bœufs bio a été multipliée par 3, avec des poids moyens autour des 440 kg carcasses en race à viande, et 370 en race laitière ou mixte.
70 % de la viande bio provient des femelles
Mais ce sont les femelles qui ont la cote. 6 velles laitières sur 10 sont destinées à la production, et 4 velles de race à viande sur 10 deviendront des vaches allaitantes. En plus de ne pas quitter la filière, elles bénéficient d’un débouché en boucherie. « Les femelles représentent plus de 70 % des volumes de viande rouge biologique produits en 2021, contre seulement 58 % pour le cheptel global » insiste l’Idele. La production est portée par la croissance du cheptel laitier bio, qui alimente le marché en femelle de réforme.
Question conformation, les vaches issues du troupeau bio restent moins lourdes et moins conformées que les conventionnelles. Un constat qui s’explique par la plus forte représentation des races rustiques, mais également par le prix élevé de l’aliment. « La proportion de vaches classées U et E passe de 36 % en conventionnel, à 16 % en bio pour les Limousines, et même de 55 % à 29 % pour les Blondes d’Aquitaine ». La différence reste moins marquée pour les races laitières.
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