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SécheresseFace au changement climatique, trouver des pistes d’adaptation

L’association de conseil en élevage Elvup accompagne ses adhérents dans les adaptations au changement climatique. (©Pixabay)
L’association de conseil en élevage Elvup accompagne ses adhérents dans les adaptations au changement climatique. (©Pixabay)

Été chaud et sec, aléas climatiques plus fréquents… le changement climatique impacte déjà les filières agricoles. L’association de conseil en élevage Elvup accompagne ses adhérents dans les nécessaires adaptations pour y faire face.

« Il n’y a rien de pire pour un éleveur que de manquer d’alimentation pour ses animaux », souligne Laurence Sellos, présidente de la chambre d’agriculture de Seine-Maritime. L’enchaînement des étés secs a montré que ce scénario ne tenait plus de la fiction. Car, en agriculture, le changement climatique a déjà de forts impacts avec, parallèlement à la hausse des températures, des aléas plus fréquents. « Pour en limiter les conséquences, il nous faut anticiper et faire évoluer nos systèmes de production », encourage Jean-François Le Meur, président d’Elvup, lors de l’assemblée générale de l’organisme de conseil en élevage ornais le 8 juin.

Sécuriser ses ressources fourragères

Le premier défi qui attend les éleveurs bovins est celui de la variabilité des rendements fourragers. « Quand je me suis installé, on ne manquait jamais de fourrages, il y avait un peu de pâturage en été, retrace Benoît Boidron, éleveur bio dans l’Orne. Depuis trois ou quatre ans, on est tendu sur les stocks. Il y a un trou noir sans pâturage pendant deux à trois mois en été ». Comme lui, tous les éleveurs constatent des années fourragères difficiles qui s’enchaînent et avec elles, l’impossibilité de reconstituer ses stocks.

C’est pourtant là, la clé d’adaptation face à des rendements fourragers aléatoires. « L’idéal serait d’avoir quatre à six mois de stocks de sécurité, estime Yann Martinot, directeur technique d’Elvup. Ça permet de faire face aux variations de rendement ». Certes, stocker a un coût mais devoir acheter ou produire moins en cas de manque de fourrages est encore plus pénalisant. Pour constituer des stocks, il faut diversifier ses ressources fourragères, trouver des cultures plus adaptées face au manque d’eau, délaisser celles, comme le ray grass anglais, qui peine dès que les températures montent, pouvoir emmagasiner des réserves au printemps avant les effets délétères du manque d’eau.

La composition des prairies est un levier à actionner en combinant différentes espèces qui se compenseront selon les conditions climatiques. « En tant que couverts obligatoires, on implante des méteils qui nous permettent d’augmenter nos stocks et de gagner en autonomie protéique », témoigne Cédric Bérard, éleveur à Mortagne-au-Perche.

Sécuriser ses rendements fourragers demande d’allonger et de diversifier ses rotations. « Pourquoi ne pas envisager la gestion en commun des assolements avec ses voisins, pour qu’à une échelle plus large, on puisse raisonner la bonne culture sur la bonne parcelle, faire des échanges entre éleveurs et céréaliers », suggère Xavier Goutte, responsable agronomie de la chambre d’agriculture de Normandie.

Adapter ses bâtiments

L’adaptation au changement climatique passe aussi par des améliorations dans les bâtiments d'élevage. Jusqu’alors conçus pour protéger les animaux des conditions hivernales, ils doivent être repensés pour aussi les améliorer en été. Toutes les régions françaises sont concernées : le nombre de jours où les bovins subissent un stress modéré, voire marqué, à cause de températures élevées, augmente. « Le stress thermique a un effet direct sur la production laitière, y compris pendant le tarissement, prévient François Normand, référent bâtiment et bien-être chez Elvup. La santé et la reproduction seront aussi perturbées ».

Pour réduire l’impact de ce stress thermique, il faut être vigilant sur plusieurs paramètres. Le premier est l’abreuvement, qui doit être suffisant en quantité et en qualité. Autre point de vigilance : la ventilation qui aide les bovins à évacuer leur propre chaleur corporelle. Quand, de par la conception du bâtiment, la ventilation naturelle ne suffit plus, on peut prendre le relais avec une ventilation dynamisée et l’installation de ventilateurs. Elvup a aussi testé l’installation de zones de douchage. Un tuyau est suspendu au-dessus de la table d’alimentation. Il est doté de buses qui aspergent les vaches par intermittence, ce qui permet de leur mouiller le dos pour faire baisser leur température, sans avoir l’effet négatif de la brumisation qui humidifie la zone de couchage.

Ecoutez notre dernier podcast, nous avons dédié toute une chronique aux stratégies d’adaptation aux sécheresses :

(Pour écouter directement le podcast, cliquez sur le bouton lecture)

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