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Comportement et bien-être animalAudrey Thonnat, éleveuse (43) : « Je suis le rythme de l’herbe et des vaches »

Chez Audrey, en Haute-Loire, le bien-être animal n’est pas un vain mot. Etude fine du comportement de ses vaches rustiques, pratique du shiatsu, de l’acupuncture, de soins énergétiques et de kinésiologie… Pour l’éleveuse, il s’agit d’une « approche résiliente permettant de tirer le meilleur ».

Son BTS production animale en poche, et après une expérience de conseil en technique laitière à la chambre d’agriculture de Haute Loire, Audrey Thonnat a sauté le pas. Cela fait déjà cinq ans qu’elle a repris la ferme paternelle dans le Haut-Brivadois en Haute Loire. Avec seulement 38 hectares et 29 vaches laitières pour 160 000 litres de quota, son modèle détonne dans le paysage laitier auvergnat.

La Chambre a d’ailleurs peiné à valider son installation, jugeant la surface de l’exploitation trop faible pour soutenir des résultats économiques suffisants, se souvient-elle. C’était sans compter sur la ténacité de cette passionnée de races rustiques qui arrive finalement à ses fins en 2017.

Du pâturage 8 mois de l'année

À 23 ans, Audrey se retrouve à la tête d’un cheptel haut en couleur, composé de Montbéliardes, d’Abondances, de Tarines et de croisées, avec une idée en tête : la recherche d’autonomie avec une place importante accordée à l’herbe (ses laitières sont dehors de mars à décembre), sans viser une forte productivité, et surtout « dans une relation de respect, de bienveillance et de confiance » avec ses laitières.

La feuille de route d’Audrey pour gérer son atelier ? Une démarche extensive et résiliente, qui s’appuie sur des techniques d’amélioration du bien-être animal pour des vaches calmes et détendues. « Au départ, j’ai cherché à travailler mon lien avec chacune de mes bêtes pour pouvoir les manipuler plus facilement. Comme je suis seule sur l’exploitation, c’était un passage obligé. Cette approche se base sur l’observation fine de chacune des bêtes dans son milieu, ce qui me permet, par exemple, de réagir immédiatement en cas d’apparition de maladie. »

Des médecines alternatives

Audrey Thonnat, éleveuse
Après s'être formée sur le comportement de ses animaux, Audrey a travaillé sur l'amélioration du bien-être animal. Cela passe par exemple par l'enrichissement du milieu de vie des veaux. (©Terre-net Média)

Audrey a suivi des formations auprès d’une comportementaliste pour savoir apprendre à ses vaches à mieux gérer leurs émotions face à une nouveauté, qu’il s’agisse d’un bâtiment, de la bétaillère, du vétérinaire. Aujourd’hui, elle complète cette approche en pratiquant régulièrement shiatsu, acupuncture, soins énergétiques et kinésiologie sur ses bêtes. Elle leur assure aussi un suivi en ostéopathie : elles sont systématiquement vues après vêlage et si besoin avant la mise-bas. Résultat, une réduction conséquente des frais vétérinaires. « Il ne passe quasiment plus à la ferme. On a réduit de plus d'un tiers les frais, pour arriver à moins de 2 000 €/an. »

« Chez nous, les vaches vont loin, le plus loin possible. Elles sont réformées de vieillesse à 15 ou 16 ans et je renouvelle très peu. Il faut dire qu’on n’a quasiment aucune pathologie sur la ferme. Et aucune réforme du fait de boiterie ou de cellules. » Et les résultats économiques sont au rendez-vous, pour son système où l’herbe est au centre de l’alimentation : hors aléas climatiques, Audrey parvient à dégager 27 000 € d’EBE, le triple de ce qui était prévu au plan d’entreprise.

Une moyenne de 20 litres/jour

Hormis le renforcement du lien avec l’animal et le travail de libération des tensions effectuées très régulièrement sur les laitières, le bien-être animal chez Audrey passe aussi par des exigences en termes de productivités très modérées. « Je ne demande pas à mes vaches de produire des quantités. En moyenne 20 litres par jour pour 5 à 6000 litres par an. »

« On suit le rythme de l’herbe. J’accepte de perdre en été en période de sécheresse et de regagner au printemps. Du coup, en ne les épuisant pas et avec une ration cultivée à la ferme et adaptée à chacune d’entre elle, on arrive à tirer le meilleur. »

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