Tenace, il a mené le combat des éleveurs d'Entremont Alliance. Pour Pascal Nizan, chacun devrait s'engager, au moins un peu, dans l'amont ou l'aval.
Son parcours est intéressant : pas sûr qu'il était pro-coop il y a dix ans, mais aujourd'hui, c'est l'un des meilleurs défenseurs de notre modèle ! », remarque le président d'une coopérative voisine. Pascal Nizan a d'abord fourbi ses armes dans le syndicalisme : « D'avoir été aux JA m'a formé… On y est libre d'idées, parfois limite raisonnable, mais c'est une école extraordinaire. »
RESPONSABLE.
Après cinq années de remplacement, puis son installation, il s'y investit au point de se voir confier la responsabilité nationale du dossier lait. : « Là, j'ai beaucoup appris sur le fonctionnement de la filière. » Il ignore alors combien cela lui servira, lorsqu'en 2009, chez Entremont Alliance, se succèdent les paies de lait toujours plus en baisse. « J'ai touché du doigt la différence entre une coopérative, ou une laiterie familiale, et un groupe détenu par desactionnaires. Dans ce dernier cas, le producteur n'est plus qu'un poste de charges à comprimer, une variable d'ajustement, un boulon presque ! »
LEADER.
Au coeur du conflit, ce constat guide l'action de celui qui devient président de l'AEBEA, rassemblant alors 3 000 des 4 500 livreurs de lait. « Toujours direct, il a été le leader de ce groupe et l'a tiré de l'ornière », se souvient le journaliste Jean-Paul Louédoc, d'Ouest France. « Il est difficile à déstabiliser, tant il est tenace et connaît bien la filière », complète Franck Guéhennec, responsable lait de la FRSEA Bretagne. Cette ténacité l'a servi pour convaincre les actionnaires d'Entremont de ne pas « saucissonner » l'entreprise… « Cela aurait été le pire pour les éleveurs. » Pour convaincre aussi des collègues réticents de souscrire des parts sociales afin de rejoindre Sodiaal : « C'était vital pour ne pasrester des demi-producteurs. Et puis, cela donne le droit à l'exigence ! C'est la marque du statut coopératif qui offre, en outre, le sentiment d'appartenance. » Président de Coop de France Ouest, Jean-Marie Gabillaud apprécie : « Il apporte ce sang neuf dont nos organisations ont besoin… »
HEUREUX.
De cette période, Pascal Nizan a encore appris : « Se rapprocher de la transformation permet de mieux comprendre les fondamentaux du marché. Rien que pour cela, chaque éleveur devrait s'investir, au moins un peu, dans l'amont ou l'aval. Et surtout ne jamais renoncer à s'informer. » Désormais au bureau de Sodiaal, il va régulièrement à Paris, loin de l'exploitation, de son épouse Marie et de ses deux garçons, Louis et Paul : « Mais je garde du temps pour marcher avec eux, les accompagner au foot… » Il a une remplaçante, mais tient à assurer une part de travaux sur la ferme. « Une question de crédibilité. » Et un peu de plaisir : « Quand, le matin, j'ouvre la porte-fenêtre de la maison pour regarder les champs, je me dis que malgré les à-coups, notre métier a de quoi nous rendre heureux. Nous devons le dire plus souvent ! »
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