Globe-trotter infatigable, Christine a fait cette fois un voyage « au coin de la rue », en allant à la rencontre des éleveurs et alpagistes du syndicat du beaufort, pendant six semaines.
Mettre ses pas dans les traces des anciens colporteurs a fait découvrir à Christine Biondi-Vergnes, 42 ans, un mode de vie qu'elle ne soupçonnait pas. « Dans les alpages où il faut se lever à 3 h pour faire la traite en plein air avec une météo pas toujours favorable, j'ai rencontré des éleveurs et des bergers qui m'ont impressionnée par leur passion et leur gentillesse », explique-t-elle. Avec deux autres volontaires, elle avait arpenté, en 2013, pendant six semaines d'été, la vallée de la Tarentaise, d'Albertville jusqu'à Bourg-Saint-Maurice.
MISSION. « Ma mission était d'aller à la rencontre du grand public et des vacanciers pour leur faire découvrir les multiples facettes de la filière fromagère et porter la bonne parole : le beaufortest unproduit artisanal, une AOP liée à un terroir et une race. » Chaque jour, Christine accompagnait les touristes en alpage ou dans les fromageries. Le soir, elle partageait ses rencontres sur le site internet du beaufort et sur le Facebook du magazine L'Express. « Je reprenais un coup de coeur, des anecdotes, des messages des producteurs. Je postais un texte, avec des photos et une petite vidéo. Pour avoir du réseau, il fallait parfois monter jusqu'au col, voire sur la toiture du chalet ! Je dormais dans un refuge, ou sous une tente. »
EXCEPTION. Christine avait été formée au préalable par les producteurs. « Cela peut paraître paradoxal, mais comme beaucoup de personnes qui vivent dans les stations savoyardes, je n'avais aucun contact avec le milieu agricole. À l'École du ski français où je travaillais l'hiver, il y avait bien des agriculteurs moniteurs de ski. Mais pendant la saison, chacun est à fond dans son rythme, on ne se croise que dans les navettes. » Le colportage fut au final une belle aventure humaine.
« J'ai été impressionnée par la détermination des gens du beaufort à faire un produit de qualité, en marge du système industriel. Ce sont les premiers maillons du patrimoine gastronomique. Ils se battent pour défendre l'exception culturelle française dans un monde mondialisé et "Mac-donalisé". »
COMPRÉHENSION. Grande voyageuse, toujours prête à boucler son sac à dos pour partir avec son mari à l'autre bout du monde, Christine est sensible à l'avancée du modèle alimentaire américain dans le monde. « Sous les coups de butoir de l'Europe et des normes sanitaires, les montagnards baisseront peut-être un jour les bras. Pour l'instant, ils résistent. Je n'avais pas conscience que de tels gens existaient si près de moi. La lecture de tousles articles ne vaut pas ces rencontres. Les vacanciers que j'ai accompagnés étaient des gens ouverts qui, eux aussi, voulaient comprendre et découvrir ce monde de l'agriculture et de l'alpage. »
ANNE BRÉHIER
L'édition 2014 des colporteurs est à voir sur le site www.fromage-beaufort.com.
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