Maire d'une commune périurbaine de 1 780 habitants près de Bourg-en-Bresse (Ain), Michel Chanel brigue un second mandat.
Carré et connu pour son franc-parler, Michel Chanel ne s'est jamais contenté d'être spectateur. Que ce soit dans le milieu sportif ou professionnel agricole, il s'est engagé pleinement. De là à gérer la commune où il est né, il y avait un pas qu'il s'était juré de ne jamais franchir. « Je connaissais trop les contreparties et les sacrifices à faire en matière de vie familiale, de santé et de revenu. » Mais la culture familiale de l'engagement et du bien commun a été plus forte. « Quand on est venu me chercher, j'ai dit oui. On prend beaucoup de coups, mais c'est tellement passionnant. »
HUMILITÉ
La fonction qui l'occupe plus que son exploitation laitière, qu'il gère seul avec un salarié à temps partiel, exige une certaine dose d'humilité. « Les décisions se prennent à la majorité. Le résultat n'est pas forcément celui que l'on souhaite. Il faut se contenter d'apporter sa pierre à l'édifice et de ne pouvoir infléchir que le cours des choses. » Surtout quand on fait partie d'une communauté d'agglomération de 75 000 habitants. « Nous avons la chance que Bourg-en-Bresse ne soit pas une ville trop dense et qu'il y ait encore de nombreuses entreprises en périphérie. En tant que commune de la deuxième couronne, on préserve l'esprit campagnard de notre secteur en apportant des services à nos concitoyens. »
DÉVOTION
Pour Alain Mange, l'un de ses adjoints, « Michel Chanel est un maire 100 % dévoué à sa tâche, exigeant et rigoureux. Malgré son exploitation, il est relativement disponible. Il aime bien que les choses se fassent et se concrétisent rapidement. Un peu trop parfois. » Contrairement aux précédentes générations qui étaient inscrites dans la société de leur époque certes plus rurale qu'aujourd'hui, les agriculteurs s'investissent aujourd'hui de moins en moins dans la société civile. « Ils informent beaucoup sur leur métier, mais ils ne sont pas assez à l'écoute de la société, estime le maire de Buellas. Très pris par leurs exploitations, beaucoup ont tendance à se recroqueviller sur leur milieu professionnel. Du coup, le fossé se creuse entre l'agriculture et la société plus citadine. »
GESTION DU TERRITOIRE
C'est dommage car de nombreux ponts existent entre le métier d'agriculteur et la fonction d'élu. « Les deux font appel à des qualités d'âpreté et de résistance. Nous, agriculteurs, nous sommes durs. Nous courbons l'échine, mais nous avançons. Habitués à gérer une entreprise, nous passons facilement à la gestion d'une commune. Nous avons le sens de la gestion globale du territoire. » Quelles que soient les évolutions des communes françaises, Michel Chanel est persuadé qu'il faut préserver l'existence d'élus locaux. « Ce sont les animateurs des territoires et les garants de la démocratie.
Un rôle qui ne peut pas être délégué aux seules élites politiques. Même s'il faudra bien écrêter le millefeuille administratif, il ne peut pas y avoir que des experts en tout qui règnent sur un peuple qui n'a rien à dire. »
ANNE BRÉHIER
* Conservatoire national des arts et métiers.
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