Gimbrett, dans le Bas-Rhin, a un maire champion du monde de labour, éleveur et vigneron. Freddy Bohr cultive l'art de la remise en cause et de l'organisation.
Champion du monde de labour » : la banderole est dressée au fronton de l'étable. En écho, une kyrielle de coupes orne la pièce où Freddy Bohr reçoit au lendemain d'une tardive réunion municipale et en pleine période de vinification, phase délicate de la fermentation malolactique. L'homme sourit, disponible, ravi de présenter ce qui fait sa fierté d'éleveur : une stabulation bien ventilée où une cinquantaine de laitières respirent la santé. Et comment faire l'impasse de la visite du caveau, terminé au printemps 2013 ?
DYNAMISME
Freddy Bohr et sa femme Marianne gèrent deux entités : une exploitation de 66 ha avec un quota de 450 000 l, et 7,5 ha de vignes dont ils tirent près de 40 000 bouteilles par an. Ajoutez à cela la charge de maire de Gimbrett et la présidence du concours national de labour ! Freddy a la cinquantaine alerte.
RIGUEUR
Point de dispersion dans sa tête. Freddy l'affirme : « Produire du lait est moins contraignant que le vin. Un fût raté et le produit d'une année s'envole. Ce métier apprend la rigueur. » L'expérience profite à l'éleveur, décidé à se simplifier la vie, notamment grâce à la Cuma des Rosées dont la mélangeuse alimente sept élevages. Le système d'autopaillage allège aussi la charge de travail. « En dix ans, la production moyenne est passée de 7 500 à 9 800 l par vache et la qualité du lait a fait un bond incroyable », note Freddy, ouvert aux critiques constructives, notamment celles de ses stagiaires. « J'en ai reçu plus de cent. » Il n'en finit pas de se former : gestion du temps, informatique, communication...
TROPHÉES
Freddy Bohr carbure au résultat et à l'échange. Comme son père qui l'initie aux concours de labour dès ses 11 ans. Une sacrée école. Jamais découragé, prêt à cent fois remettre la charrue en terre, il sera souvent second au concours national, jamais premier, contrairement à de nombreux jeunes qu'il a formés. Qu'importe, car en 2001, il est champion du monde au Danemark. Un moment de tension et de joie : « J'ai tenu grâce à mes proches, aux entraîneurs et à l'équipe Kuhn », raconte-t-il. Ce loisir-là a été tout autant source d'enrichissement personnel que professionnel. Et une formidable occasion de voyager, autre passion héritée de son père. L'Alsacien est facilement polyglotte. Parler trois langues aide à circuler de foires en salons.
TRANSMISSION
La relève est là. Trois fils. Ils ont goûté au ski et à la mer avec père et mère, car chez les Bohr, les vacances, c'est sacré. Pour mieux revenir au « plus beau métier qui existe », dixit Freddy. Les vocations se précisent. Serge a été troisième au concours de labour départemental, l'an dernier. Le lait pour l'aîné, la vigne et un projet de tourisme pour les jumeaux. De la graine de champions.
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