Éleveuse dans les coteaux du Lyonnais, Marguerite Granjon chapeaute l'organisation des huitièmes « Rendez-vous avec l'agriculture du Rhône », avec le soutien d'un millier de bénévoles.
Plus de 100 000 visiteurs étaient attendus les 28 et 29 août dernier dans le grand parc de Lacroix-Laval, à la périphérie de Lyon. « Organisé tous les deux ans, ce festival grand public a pour but de présenter aux citadins l'agriculture locale telle qu'elle est, précise Marguerite Granjon, présidente du Comité de pilotage depuis 2008. Avec l'activité et les produits de toutes ses filières, loin de l'image bucolique ou passéiste encore véhiculée dans les médias ou entretenue dans les fêtes des batteuses ».
CAPACITÉ D'INNOVATION
Venue à l'agriculture par son mariage, la productrice de lait, aujourd'hui associée à son fils, tient à souligner la formidable capacité d'innovation des agriculteurs. « À côté d'une exploitation reconstituée et du marché fermier, nous avons voulu présenter un pôle environnement et énergies. Il met en valeur les solutions nouvelles mises en oeuvre par les agriculteurs en matière de traitement des effluents tels que les filtres à roseaux et les énergies nouvelles (méthanisation, photovoltaïque…) », souligne celle qui, à 20 ans, a choisi de s'investir sur l'exploitation de son mari et de ses beaux-parents, mettant un terme à la classe préparatoire qui devait la conduire à des études de vétérinaire. Attirée aussi bien par la biologie que par la philosophie, Marguerite Granjon est aussi passionnée de génétique. Elle s'est beaucoup impliquée dans la sélection du troupeau. « Aujourd'hui, de par mes responsabilités professionnelles, j'ai un peu lâché sur les taureaux », reconnaît la responsable dont le parcours syndical et professionnel linéaire se caractérise par un engagement sans faille dans les grandes organisations (FDSEA, chambre d'agriculture et Crédit agricole).
1 000 HA DISPARAISSENT
Dans le contexte actuel de crise, Marguerite Granjon ne cache pas qu'il a été plus difficile cette année de mobiliser les agriculteurs pour participer au festival. « Sur le terrain, il y a beaucoup de découragement. Certains collègues estiment que maintenir la manifestation revient à montrer que tout va bien. Alors que dans mon propre canton des éleveurs laitiers vont arrêter, je me suis moi-même interrogée. Mais ne pas y être, c'est déjà renoncer et laisser aux autres le soin de parler d'agriculture à notre place. » Une perspective inimaginable pour cette femme réaliste.
« Dans l'agglomération lyonnaise où la vente directe a permis de maintenir de nombreuses exploitations mais où, chaque année, 800 à 1 000 ha disparaissent du fait de l'urbanisation, la communication avec les citadins est incontournable, souligne l'agricultrice dont l'exploitation n'est accessible qu'après la traversée d'un lotissement. Parvenir à partager le territoire de manière ordonnée est indispensable. C'est un vrai message que nous passons à Lacroix-Laval. »
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