Montagnard et passionné d'élevage, François Thabuis est le premier président des Jeunes Agriculteurs installé hors cadre familial. Il incarne une nouvelle vision agricole.
Solide et sympathique gaillard, François Thabuis est tombé tôt dans le chaudron de l'élevage et du reblochon. Et pourtant, il est né à Lyon de parents enseignant et éducateur. C'est la maison de famille dans les Aravis, en Haute-Savoie, qui lui a permis de tisser des liens avec un milieu dont il est aujourd'hui l'un des représentants. « Les étés passés chez les voisins agriculteurs, puis la passion de la race abondance m'ont donné envie de faire ce métier », explique celui qui s'est d'abord installé sur 21 ha avec 45 000 l de lait à reblochon.
ENVIE
« J'ai eu la chance d'être dans un département qui menait une vraie politique laitière en faveur de l'installation(1). Mais sans autonomie fourragère, avec une petite étable entravée, le fumier à sortir à la brouette et le lait à descendre tous les matins 17 km plus bas, qu'il neige ou pas, il n'est pas sûr que je serais allé bien loin tout seul. »
ASSOCIATION
En s'associant en 2006 avec Frédéric Ouvrier-Buffet puis Jérôme Buffet, deux amis comme lui non issus du milieu agricole, il crée le Gaec Le Vent des cimes. « Nous avons regroupé des petites structures en bout de course et nous avons investi. » Pour convaincre les banques de financer la construction d'une stabulation avec séchage en grange (1,2 M€, fromagerie comprise), il a fallu faire le forcing. « C'était un projet ambitieux mais indispensable pour se libérer des tâches liées à l'élevage et se consacrer à la transformation en reblochon fermier et à la vente directe, source de valeur ajoutée. » L'occasion de reprendre l'alpage communal de l'Aulp de Marlens, à 1 600 m d'altitude, a conforté l'exploitation.
Avec 180 ha (dont 135 ha en alpage), 70 abondances, un troupeau de chèvres, un atelier de fromagerie (reblochon, tomme, chevrotin) et un refuge de montagne, l'exploitation réalise un chiffre d'affaires de 400 000 €. Outre les trois associés, le Gaec emploie un apprenti et, l'été, deux personnes pour s'occuper du gîte. « Nous ne faisons pas une agriculture sociale mais économique. »
PASSIONNÉ
La volonté de défendre cette vision d'un territoire qui crée des emplois a constitué l'un de ses engagements dans le syndicalisme jeune. « Dans le pays de Thônes, l'agriculture représente deux tiers du chiffre d'affaires des remontées mécaniques, note avec fierté le président des JA qui estime que l'agriculture est allée trop loin dans la baisse du nombre des agriculteurs. Il faut réfléchir à d'autres modèles qui maintiennent les actifs. » « Passionné par son métier, François témoigne que tout est ouvert à force de travailler et d'y croire », se félicite Nicole Bloc, ex-directrice de l'Ucéar, responsable du centre de formation de Poisy, en Haute-Savoie.
ANNE BRÉHIER
(1) La référence des JA était automatiquement portée à 120 000 l.
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