Si des Français s'implantent en Europe de l'Est, le contraire est plus rare. C'est pourtant le cas de Natalia Kosheleva-Desmaris, associée d'un Gaec laitier dans l'Ain.
A priori, rien ne prédestinait Natalia à s'implanter un jour dans notre pays. « Je suis née dans un État communiste où partir à l'étranger n'était pas dans les moeurs », précise la jeune et jolie femme, née dans le sud de la Sibérie, à 90 km du Kazakhstan et de la Mongolie. Adolescente de la génération Gorbatchev, Natalia a vu ses horizons s'ouvrir début 1998 avec la Perestroïka. « Par le biais d'échanges d'étudiants, il était alors possible de partir à l'étranger. Même s'ils n'étaient pas riches(1) et que le prix du billet d'avion pour l'Amérique coûtait une petite fortune, mes parents ne m'ont pas découragée. Comme on dit en Russie, il suffit de deux mains pour arriver à faire quelque chose ! »
VOYAGER
Patrick Desmaris est le premier Français qu'elle a connu au cours des ses voyages. Dans la ferme internationale de Floride, où elle a travaillé pendant deux ans et demi, les 3 000 prim'holsteins étaient soignées par des Mexicains et des étudiants de tous les pays, sauf de l'Hexagone. Même situation en Allemagne où pendant deux ans et demi elle a préparé un MBA (Master in business administration) dans l'une des écoles supérieures d'agriculture les plus cotées du pays. C'est pourtant à Munich, en octobre 2006, qu'elle a rencontré celui avec qui elle se mariera trois ans plus tard. « Patrick était venu voir des simmentals sur un concours-exposition alors que je venais acheter des laitières pour des fermes russes. Il parlait un peu anglais. »
S'IMPLIQUER
À Curtablanc, près de Bourg-en-Bresse, elle a été bien accueillie. « J'ai toujours droit à un sourire quand je passe en tracteur, et je suis respectée car j'insémine moi-même les animaux de l'exploitation », s'amuse celle qui a conservé la simplicité de ces universitaires bardés de diplômes. Entre l'exploitation où « il était évident qu'elle s'impliquerait », la maison d'habitation à rénover et la vie de famille, Natalia est contente de sa nouvelle vie. Après avoir été conjointe-collaborateur, Natalia a décroché le statut d'associée de Gaec en septembre dernier. Ces derniers mois, elle s'est impliquée dans un projet de fromagerie qui sera opérationnelle cet automne.
PROJETER
Après avoir travaillé dans de grandes exploitations, Natalia est persuadée que dans le monde instable d'aujourd'hui, les fermes qui transforment et vendent leurs produits sont les plus résistantes. Elle aime aussi avoir un projet en tête et quelques rêves à réaliser. « Natalia partage avec moi l'envie d'entreprendre, souligne Patrick. Elle m'encourage. » Comme chaque été, le jeune couple partira quelques semaines en Sibérie avec le petit Henri pour qui Natalia entend solliciter la double nationalité.
ANNE BRÉHIER
(1) Mère professeur de physique-astronomie, père soudeur dans une grande laiterie
Votre email professionnel est utilisé par les sociétés du groupe NGPA pour vous adresser ses newsletters
et les communications de ses partenaires commerciaux. Vous pouvez vous opposer à cette communication pour nos partenaires en cliquant ici.
Consultez notre politique de confidentialité
pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.
Notre service client est à votre disposition par mail : serviceclients@ngpa.fr.
Quelles marques ont immatriculé le plus de tracteurs en France en 2025 ?
La Commission européenne projette la perte de 2,85 millions de vaches d’ici 2035
Les pratiques économiques des tractoristes dans le collimateur de l’État
Asie, Afrique, Balkans… Comment les autres pays traitent la dermatose bovine ?
Moins de lait et plus de viande : Emmanuel Pouleur prépare sa « seconde partie de carrière »
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Vote du traité UE-Mercosur : « pas la fin de l'histoire », dit Genevard
Trois hivers de mobilisation : une ère d'incertitudes pour les agriculteurs
Décarbonation : transformer la contrainte en opportunité