Les syndicats peinent à réagir à la suppression de la TFA, cherchant à défendre encore les atouts d'un système qui a vécu.
Souvent très réactive vis-à-vis de l'actualité laitière, la FNPL n'a pas communiqué lorsque la suppression de la TFA est apparue inéluctable. Pourtant bien placé pour savoir ce qui allait se produire, le syndicat majoritaire reste sur un discours très axé sur la défense du prix du lait. Il est vrai que le texte n'est pas encore paru, mais tout de même.
Les JA ont réagi les premiers, appelant l'interprofession à construire d'urgence un dispositif de substitution. « Il en va de notre capacité à poursuivre des politiques territoriales de gestion de volumes, et donc de maintien de la production et d'installations sur tout le territoire » argumentent-ils. Les jeunes semblent refuser de comprendre dans quel monde ils vont vivre, ce qui parait pour le moins inquiétant.
Quant à la Confédération paysanne, elle reste attachée à une régulation des volumes par les pouvoirs publics. « L'avenir desproducteurs dépend avant tout de la capacité des autorités à imposer un ajustement de l'offre de lait à la demande des marchés », affirme-t-elle. Sans réagir à la suppression de la TFA, l'OPL s'alarme de la baisse du prix du lait et continue d'appeler le gouvernement français à « s'engager immédiatement dans un combat pour une régulation européenne de la production ».
Un manque de réalisme préjudiciable à l'adaptation
Chacun reste donc fidèle à son discours et à ses idées, ce qui est louable. Mais on peut s'interroger sur les conséquences de ce manque de réalisme pour les producteurs. N'en déplaise aux syndicats, le monde laitier a entamé sa mutation vers une politique plus libérale. L'enjeu pour les producteurs est de s'y adapter, comme le font leurs collègues européens. Les discours passéistes ne les y aident guère.
PASCALE LE CANN
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