N ous arbitrons constamment entre volumes à transformer et valeur ajoutée », confi e Christophe Levavasseur, président des Maîtres Laitiers du Cotentin, coopérative manchoise spécialisée de longue date dans l'ultrafrais sous marques de distributeurs. « Notre outil industriel pourrait produire beaucoup plus mais pour une valorisation, elle aussi, beaucoup plus faible. » D'une capacité de 200 000 t hyperautomatisée, il a fabriqué 116 000 t en 2011-2012. Malgré la crise économique qui affecte la consommation des produits frais et la pression « exacerbée » des GMS, MLC garde son cap. À savoir, maintenir le prix du lait versé à ses mille adhérents (366,5 Ml).Il s'élève à 363,08 €/1 000 l contre 362,64 €/1 000 l en 2010-2011. « Payer au prix interprofessionnel va devenir un exploit », ironise- t-il en faisant allusion à la baisse de 5 €/1 000 l de Sodiaal et Lactalis. Un décrochage qui inquiète MLC car il risque de polluer le marché des produits frais MDD sur lequel les deux industriels sont acteurs.
70 M€ investis mais pas dans une tour de séchage
On parle des difficultés que traverse le lait UHT. C'est oublier celles de ce secteur qui compte dix opérateurs français en grande concurrence. Cette conjoncture affecte les résultats de la coop 755 000 € contre 3,9 M€ en 2010-2011 ; 5,75 M€ contre 14,3 M€ pour le groupe qu'elle forme avec France Frais, sa filiale de distribution en RHD. « Cela ne nous empêche pas d'avancer. Le groupe a investi 70 M€ cette année, essentiellement pour achever l'automatisation de l'usine et porter le réseau de France Frais à 103 sociétés avec vingt rachats. » MLC ne veut pas céder à la tentation des produits industriels vers le grand export (voir p. 8). Il travaille à l'allongement de la date limite de consommation de ses produits pour dépasser les frontières européennes.
Une façon de répondre à la stagnation de la consommation et préparer l'après-2015. « Nous avons décidé pour vous de ce que pouvaient être les volumes supplémentaires », a lancé le directeur aux producteurs, fin septembre, sans plus de détails. Encore cette volonté de préserver le prix du lait
CLAIRE HUE
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