Dans le Landerneau des produits frais sous marques de distributeurs, c'est un coup de semonce. Novandie, dont les MDD représentent 60 % de son activité, a annoncé fin juin son projet de fermeture de l'usine de Rozet-Saint-Albin (Aisne) qui emploie 95 salariés. De même, l'activité de Marcillé-Raoult (Ille-et-Vilaine) sera réduite, avec la suppression de 76 postes sur les 168 salariés du site. Avec des redéploiements parmi les trois autres sites, l'activité totale de l'industriel, connu pour sa marque Mamie Nova, sera maintenue.
« L'industriel invoque des difficultés économiques liées à un marché national de l'ultrafrais stagnant. Elles proviennent aussi de choix industriels que nous n'avons cessé de dénoncer, affirme Thierry Papillon, délégué syndical Novandie FGA-CFDT. La décision de construire le site d'Auneau (Eureet- Loir) a été maintenue alors que l'on s'est pris de plein fouet la crise économique en 2008-2009. Si elle répondait à un besoin réel avant la crise, la progression importante des volumes s'est arrêtée ensuite. Nos dirigeants ont aujourd'hui toutes les difficultés à faire passer des hausses tarifaires auprès de la distribution pour couvrir la hausse du prix des matières premières, lait compris. » Le syndicat réclame zéro licenciement sec et le reclassement des 175 salariés concernés au sein du groupe Novandie-Andros.
Dix industriels face à la grande distribution
Novandie, comme ses concurrents, est confronté à une équation difficile. Pour la première fois, les volumes de produits frais baissent de 2 % (période juillet 2011-2012), même si le distinguo n'est pas fait entre marques d'entreprises et MDD. « Comment les dix opérateurs industriels actifs sur ce marché peuvent-ils résister face à cinq ou six grandes enseignes de distribution ? », analyse le directeur du groupe coopératif Agrial qui a mis un pied dans les produits frais sous MDD en créant Senagral avec Senoble. « Il y a une guerre terrible sur les prix. Le prix de vente des produits s'est effondré en 2009. Il ne remonte pas à la vitesse qu'il faudrait. » Pour Ludovic Spiers, l'outil industriel français est en surcapacité par rapport aux besoins du marché, avec des ateliers pas toujours performants. « Il faut concentrer le secteur si l'on veut s'en sortir. » Jean-François Fortin, directeur de Maîtres laitiers du Cotentin (Manche), coopérative positionnée de longue date sur les MDD, l'exprime à sa façon : « Essayer d'organiser un rapport de force plus équitable ira dans le bon sens. Il faut réfléchir à des adaptations industrielles et commerciales. » Avec son outil flambant neuf d'une capacité de 200 000 t, la coopérative s'estime en bonne position pour participer à une éventuelle restructuration. L'autre piste est l'export hors d'Europe, avec des produits conçus pour voyager. MLC y travaille. « Les coopératives sur ce créneau ne doivent pas oublier que leurs actions doivent être profitables à leurs actionnaires. Il faut être constructif. »
CLAIRE HUE
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