La volonté de la coopérative de Monthois de quitter l'Union laitière du Nord-Est (ULNE) remet en cause l'existence de ce groupement de coopératives.
La cohésion de l'ULNE est sur la sellette. Cette union regroupe les coops de Monthois (zone de collecte Nestlé), d'Attigny (Nestlé), de Fléville (Bel et Lactalis), de Sainte-Ménehould (Bel) et le Groupement Nord-Ouest Ardennes (Lactalis). Sa raison d'être : gèrer le parc de tanks à lait mis à la disposition des 450 adhérents ardennais et marnais, et assurer la gestion des quotas et des payes des 140 Ml produits. A la veille de renégocier son contrat avec Nestlé (l'échéance fixée en janvier 2013), la coopérative de Monthois (Ardennes) exprime sa volonté de fusionner avec l'ULM (Union laitière de la Meuse)... une manière d'intégrer un grand groupe coopératif pour diluer les risques et mutualiser les prix en prévision de l'après-quotas. Cette coop pèse 14 Ml livrés à l'usine Nestlé de Challerange. « Nous entretenons de bonnes relations avec Nestlé et notre réflexion n'est pas liée à la renégociation des contrats, souligne Thierry Hallaert, président de la coopérative. Nous cherchons, en cas de difficultés, à sécuriser nos débouchés pour l'après-2015. » La réflexion est partagée au sein de la coop d'Attigny (23 Ml) sans qu'une majorité ne se dégage en faveur du même projet de fusion.
Un projet qui reste à valider par les adhérents de l'ULM
Ces interrogations légitimes traduisent l'inquiétude de petites structures dépendantes d'un acheteur unique. « Elles posent la question de la dissolution de l'ULNE si une autre coopérative quitte le groupement », note Thierry Bertrand, président. Le conseil d'administration a donné son accord au départ des Monthois. Reste à régler les conditions de rachat des tanks.
De son côté, l'ULM (350 Ml) ne souhaite pas s'exprimer. Dans tous les cas, la fusion devra faire l'objet d'un audit du haut comité de la coopération. Cette procédure repousse à l'automne un projet qui devra être soumis aux adhérents ULM.
JÉRÔME PEZON
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