Faute de contrats équilibrés, l'OPL estime que les éleveurs ont intérêt à ne pas signer. Le contrat tacite existant est globalement plus favorable. Sur la base de l'analyse de sa juriste Isabelle Delbreih, le syndicat épingle plusieurs clauses inacceptables : l'absence de fixation de prix, les limites à l'action syndicale, l'obligation d'adhésion à la charte des bonnes pratiques ou encore l'absence de liste exhaustive des motifs de résiliation. L'OPL alerte également sur le fait que lorsque les objectifs de production sont trimestriels, ils réduisent la souplesse par rapport au volume annuel.
Une vision européenne
Mais au-delà des contrats, c'est dans une régulation européenne que l'OPL voit l'avenir des producteurs de lait. Le syndicat adhère à l'EMB (European Milk Board).
« Sur le plan politique, je crois au combat européen de l'EMB pour défendre une régulation des volumes par les producteurs, via un office du lait », affirme Daniel Condat, président de l'OPL. Il appelle donc ses adhérents à rejoindre France Milk Board, tout en regrettant que ses statuts ne soient pas encore déposés. L'OPL s'attaque aussi à la valorisation des produits et soutient fermement la démarche de mise en marché du lait équitable initiée par « Faire France ». La marque a été déposée. Une coopérative de commercialisation et de transformation, Faircoop SCA, a été créée, même s'il s'agit d'une filiale de l'organisation équivalente belge. Son président, Richard Blanc, espère lancer l'activité d'ici à la fin de l'année. Dans un premier temps, il s'agira de vendre du lait UHT demi-écrémé, mais la gamme devrait s'élargir, à l'image de ce qui se fait déjà en Belgique. Le plus dur reste de trouver un industriel pour fabriquer les produits.
« Cette démarche est stratégique et montre qu'il est possible de bien valoriser le lait. Si les éleveurs y croient, elle offre une force de frappe médiatique phénoménale », poursuit Daniel Condat.
PASCALE LE CANN
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