Les Jeunes Agriculteurs entendent apporter leur pierre à la construction du nouveau monde laitier qui se dessine. C'est tout le sens de leur journée, organisée fin novembre. Première historique : l'OPL et la Confédération paysanne étaient invitées. Regret : cette journée riche en questions, trop peut-être, n'a pas franchement laissé la place aux débats. Chacun avait juste le temps d'exprimer son point de vue…
C'est déjà un début.
Stratégies d'adaptation des entreprises, organisation collective des producteurs, gouvernance de la filière, tous les thèmes de l'après-quotas ont été abordés sans tabou. Les réponses n'ont pas été toujours limpides. Mais c'est le jeu de celui qui répond, quand on ne le pousse pas dans ses retranchements. Morceau de choix avec Lactalis. Pourquoi le n° 1 du lait en France ne mise pas, comme les coops, sur la croissance promise aux produits industriels sur le marché mondial ? Réponse : « On ne laisse pas les produits industriels de côté. En tant que fabricant de fromages, nous sommes de gros producteur de sérum. Notre priorité est de continuer à bien valoriser nos 5,5 milliards de litres collectés en France, sur un marché européen de plus en plus difficile. On essaye de développer l'export sur les pays tiers mais de façon pragmatique. » À moins que pour ces marchés moins rémunérateurs, Lactalis préfère fabriquer de la poudre avec du lait moins cher… La logique pour un privé.
Lactalis très frileux sur le rôle des OP transversales
Les coops n'ont pas été plus prolixes sur les projets d'investissements pour digérer le lait B attendu après 2015. Mais tout le monde aura compris que le parc actuel de tours de séchage ne suffira pas. Aux coopérateurs donc de supporter les investissements à consentir et d'accepter un prix du lait inférieur et plus volatil qu'avec des PGC.
Pas de réponse non plus sur l'idée des JA d'une CVO sur les litrages voués aux produits industriels exportés, pour alimenter une caisse de sécurisation des producteurs et accompagner des projets d'investissements collectifs. On retiendra malgré tout de cette journée quelques mises au point claires. Celle du président de la FNPL, sur la perspective d'une gouvernance européenne façon interprofession, comme en rêvent l'Office du lait et les JA, pour maîtriser la production : « Une interprofession est une instance où l'on vient volontairement, prêt à des compromis pour agir. Au niveau des producteurs, on serait peut-être en capacité de réunir, mais déjà pas tout le monde. Comment l'imaginer avec des entreprises qui, par nature, sont encore plus concurrentes ? Une interprofession européenne prête à des actions communes m'apparaît compliquée ».
Autre avis sans ambiguïté de Lactalis sur un autre sujet qui divise les producteurs, le rôle d'OP transversales. « Nous sommes frileux sur la gestion des volumes à l'échelon régional. Mais on ne dit pas non à tout. En revanche, pas question d'OP qui négocieraient des volumes avec plusieurs laiteries. » Les tenants de France Milk Board apprécieront.
JEAN-MICHEL VOCORET
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