Les laiteries qui mettent en place le prix différencié sur cette campagne ont chacune décidé d'appliquer un mode de paiement différent du volume B. Danone et Sodiaal calculent ce volume sur plusieurs mois. Pour le privé, il a débuté en novembre et s'enclenche dès que les livraisons mensuelles dépassent 8,5 % du quota individuel. À la coopérative, et seulement pour ses producteurs historiques, il démarre à partir du 1er janvier. Le quota restant à livrer d'ici à fin mars est divisé par trois. Les volumes vendus au-delà sont payés au prix B. « À la fin de la campagne, si un producteur n'a pas produit sa référence, les volumes B seront payés en A », ajoute Pierre Bernoux, chargé de mission chez Sodiaal.
Ces deux transformateurs rémunèrent ces litrages selon la valorisation beurre-poudre publiée par le Cniel mensuellement. En janvier, elle s'élevait à 308 €/1 000 l et correspond aux trois premières cotations de janvier et à la dernière cotation de décembre.
Les ex-Entremont arrivés chez Sodiaal bénéficieront d'un système différent. « Les éleveurs ont été avertis très tard de ce mécanisme. Le volume B sera calculé une fois la référence produite. » Laïta a opté pour ce même principe. En revanche, les deux laiteries ont chacune leur façon de le rémunérer. Laïta le paiera selon la moyenne de quatre cotations du Cniel. « Nous considérons que ces volumes ont été produits sur plusieurs mois », argumente Gilbert Keromnès, vice-président d'Even.
Le prix B inférieur au prix A
En pratique, les livraisons de février seront rémunérées selon le prix beurre-poudre d'octobre à janvier, soit 291 €/1 000 l. La coopérative a en plus décidé que le prix B ne pourra jamais être supérieur au A. Mais cette précaution se révèle inutile puisqu'en mars, il se limitera à 298 €/1 000 l (moyenne de novembre à février). Comme tous les producteurs Sodiaal, les ex- Entremont seront rémunérés selon la cotation du Cniel du mois en cours. La coopérative se réserve le droit de faire un réajustement du prix B à la baisse si les cours des produits industriels continuent leur progression. En février, ils s'établissent à 346 €/1 000 l (cotation Cniel). Ce prix pourrait encore augmenter en mars. « Les cotations du Cniel risquent de ne pas refléter la réalité de nos prix de vente », déclare Pierre Bernoux. Pour Laïta et Sodiaal, ce prix B concernera les allocations provisoires, mais aussi le remboursement de prêt de quota de 2 %.
NICOLAS LOUIS
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