Pas de surprise : dans la Manche, les producteurs augmentent un peu leur production et serrent les vis, mais cela n'est pas assez pour enrayer la baisse du prix du lait. Elle est de 50 €/1 000 l dans les exercices comptables de l'année civile 2015. Selon CERFrance Manche-Calvados, les livraisons de 463 190 l se sont accrues de 10 600 l pour 3 570 € en plus.
Pour diluer leurs charges, ils répondent à la possibilité donnée par les coops du département de produire plus ou achètent des contrats ou des parts sociales.
Baisse du coût alimentaire et des frais d'élevage
Cela ne suffit pas : la recette laitière baisse de 18 800 €. Dès lors, la hausse des produits céréales et viande de 4 800 € est la bienvenue. La diversification, même minime, a du bon.
Les producteurs ne restent pas les bras croisés. Toujours sur l'année civile, les charges opérationnelles sont réduites de 5 400 €. Entre 2014 et 2015, le coût alimentaire de l'atelier passe de 101 à 92 €/1 000 l. La bonne année fourragère et les concentrés moins chers, voire leur réduction (en moyenne 79 kg/vache/an), expliquent ce résultat. Même constat sur les frais vétérinaires et d'élevage : - 6,5 %. « D'autres adaptations ne se lisent pas dans les comptes, comme l'entretien des matériels et bâtiments qui est différé », souligne le centre de gestion. Ces efforts ne se lisent pas non plus dans le prix d'équilibre qui, dans les exercices civils 2014 et 2015, reste à plus de 370 €/1 000 l.
Les prélèvements privés ne sont pas sacrifiés
Derrière cette moyenne se cache un nombre plus important d'exploitations sous les 350 €, (ci-dessus). « Mais avec un prix du lait à 337 €, la trésorerie est en déficit de 20 000 €. Le revenu disponible chute de moitié à 10 570 €/UTAF et les dettes fournisseurs augmentent de 7 000 €. » Malgré tout, l'an passé, les éleveurs ont maintenu leurs prélèvements privés. Pourront-ils tenir ainsi jusqu'à la fin 2016 ? Sans doute le versement des aides du plan de soutien à l'élevage en aidera une partie. Un quart des élevages manchois vont recevoir 5 000 € (Gaec : 8 360 €, hors Gaec : 3 495 €). « Les annuités qui progressent encore à 115 €/1 000 l en 2015 sont incompressibles. Il faut continuer d'améliorer la cohérence du système choisi. Il y a encore trop d'écarts de résultats, insiste le CER. 28 % des ateliers lait ont un coût alimentaire supérieur à 160 €, autant sont sous les 120 €.» Idem pour le prix du lait : 20 % sous les 339 € et un tiers au-dessus des 360 €.
CLAIRE HUE
Quelles marques ont immatriculé le plus de tracteurs en France en 2025 ?
La Commission européenne projette la perte de 2,85 millions de vaches d’ici 2035
Les pratiques économiques des tractoristes dans le collimateur de l’État
Asie, Afrique, Balkans… Comment les autres pays traitent la dermatose bovine ?
Viande bovine : « Le rendez-vous avec la demande mondiale est manqué par l’UE »
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Vote du traité UE-Mercosur : « pas la fin de l'histoire », dit Genevard
Annie Genevard annonce 300 M€ supplémentaires face à la crise agricole
Décarbonation : transformer la contrainte en opportunité