Pour la protection du maïs, les microgranulés restent la solution la plus sûre, mais les plantes appâts donnent des résultats encourageants contre le taupin.
Depuis trois ans, les attaques de taupins semblent plus rares. Cependant, cette larve de coléoptère, qui est devenue endémique, reste le premier ravageur du maïs. Rappelons qu’elle se localise en profondeur dans le sol et qu’elle a besoin de chaleur et d’humidité pour remonter à la surface et se nourrir des parties souterraines de la jeune plante. Contrairement aux idées reçues, les semis tardifs ne sont pas un levier efficace pour esquiver ce ravageur. Ainsi, un sol sec et froid pendant la période de sensibilité (de la levée au stade 10 feuilles) connaîtra moins d’attaques. Les maïs après une prairie retournée sont aussi plus sensibles, surtout la deuxième année.
Une seule solution chimique
L’usage de microgranulés à base de pyréthrinoïdes est aujourd’hui la seule solution chimique encore disponible contre ce ravageur. Les essais d’Arvalis montrent que les produits à base de lambda-cyhalothrine (Karaté 0,4 G et Trika RT) sont les plus efficaces (68/66%). La cyperméthrine (Belem 0,8MG) affiche aussi de bons résultats (57 %). Les microgranulés à base de spinosad (Success GR) ou de téfluthrine (Force 20 CS), tout comme le traitement de semence (Force 20 TS) ont une efficacité plus limitée (13/11%).
Autre solution explorée : donner aux larves une autre source de nourriture
L’institut technique explore aussi d’autres voies dans la protection du maïs contre le taupin, notamment l’utilisation de plantes dites « pièges » (ou appâts). Le principe est de donner aux larves une autre source de nourriture que le maïs en disposant des plantules à proximité des semences afin de détourner le taupin de la culture. Car en germant ces plantes pièges dégagent des composés organo-volatils qui attirent le taupin et le maintiennent à proximité. Le mode d’emploi recommandé est de semer la plante piège, en plein ou dans l’interrang, un ou deux jours autour du semis de maïs, assez profond (entre 8 et 10 cm) et à une dose suffisante (120 kg/ha) pour constituer un barrage efficace qui protège les plantules de maïs.
L’utilisation d’orge ou d’un mélange de blé et de maïs semble la solution la plus attractive pour les larves. Selon Arvalis, les meilleurs résultats ont été obtenus avec un semis profond, en localisé, à 20 cm des rangs. Il faut évidemment détruire assez rapidement ces plantes appâts, dès le stade 3 feuilles du maïs pour éviter toute concurrence. La destruction chimique est assez facile avec des produits à base de nicosulfuron. Le binage des plantes localisées sur l’interrang est une autre option mais en veillant à l’adéquation entre le rang de semis et la dent de la bineuse. Toujours d’après les essais d’Arvalis, l’usage de ces leurres aurait une efficacité moyenne de 49 % mais avec une grande variabilité (de 0 % à 81 %). En cas de très forte attaque, tout est consommé : le maïs et l'appât.
D'autres pistes recherchées par Arvalis
Depuis deux ans, Arvalis teste une autre façon d’attirer les larves de taupin en utilisant, en localisé proche du rang de semis, un engrais organique à base de farines de viande et d’os. Il présente un pouvoir attractif intéressant. L’avantage est qu’il n’y a plus de plantes à détruire, mais cet engrais, utilisé en agriculture biologique, est assez onéreux. Il faudra davantage d’expérimentations pour se prononcer sur son intérêt.
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