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RationnementMaîtriser le coût alimentaire sur fond de flambée des matières premières

On peut jouer sur les quantités de concentrés pour faire baisser la note. Le delta entre le coût et le lait en moins se calcule. (©Terre-net Média)
On peut jouer sur les quantités de concentrés pour faire baisser la note. Le delta entre le coût et le lait en moins se calcule. (©Terre-net Média)

L'envolée des intrants pèse sur les charges en élevage. Les conseillers de l'Idele font le point sur le rationnement des vaches laitières pour les mois à venir avec pour objectif de limiter les coûts.

Ration maïs + correcteur azoté, ou herbe + concentré énergétique à base de céréales : à chacun son système. Mais « lorsque les prix des tourteaux et des céréales s’envolent de façon concomitante, comme c’est à nouveau le cas aujourd’hui, ce sont donc tous les ateliers laitiers français qui risquent d’en payer les conséquences. » C'est ce que craint l'Institut de l'élevage qui estime une hausse des coûts de production de 15 à 61 €/1 000 l selon l'évolution de la conjoncture.

Plus la part de maïs dans la SFP est importante et plus le niveau de chargement est important (UGB/ha), plus le poste achat d’engrais pèse lourd dans le coût de production des ateliers.

« La flambée actuelle du prix des matières premières va impacter plus fortement le revenu des élevages les moins autonomes. » Dans cette optique, Benoît Rouillé de l'Idele a listé quelques pistes pour maîtriser son coût alimentaire :

En fin d'hiver, limiter le concentré

« Favoriser l'ingestion de fourrages et limiter le gaspillage », c'est le premier conseil. Et ça commence dès la récolte en fauchant de l'herbe jeune et riche. Et le silo doit être bien entretenu (retrait du moisi, découpe franche du front, maintien de la bâche...), comme l'auge doit être propre (refus retirés quotidiennement).

Il explique : « Dans une ration mélangée équilibrée, dont le niveau azoté recherché est de 110 g PDI/UFL, une réduction de 10 g PDI/UFL correspond à l’économie de 1 kg de tourteau de soja ou 1,5 kg de colza par vache et par jour. Le rapport de prix entre le correcteur azoté et le lait sera déterminant pour évaluer l’intérêt économique de cet ajustement. »

Des pistes pour réduire les quantités de concentrés :

Ration du momentBaisse du concentré de productionBaisse du correcteur azoté
Pâturage dominant- 0,8 à - 1 kg lait/VL/j par kg de concentré brut/VL/jLevier non mobilisable car correcteur azoté non distribué
Pâturage + fourrages conservés- 0,5 à - 0,8 kg lait/VL/j par kg de concentré brut/VL/j

À partir d'une ration équilibrée :

- 1,7 kg/VL/j pour - 1 kg de tourteau de soja

- 5 kg/VL/j pour - 2 kg de tourteau de soja

(équivalence : 1 kg soja pour 1,5 kg colza)

Ration 100 % fourrages conservés- 0,5 kg lait/VL/j par kg de concentré brut/VL/j

Miser sur l'herbe 

Une bonne gestion du pâturage est primordiale pour tirer le meilleur profit de l'herbe. L'expert rappelle qu'une « herbe jeune et feuillue couvre la production d’un troupeau à 25 kg de lait ». Et les effets des concentrés sont très limités : « L’apport d'1 kg de concentré au pâturage a une efficacité moyenne de 0,8 kg de lait et peut atteindre 1 kg de lait dans les conditions optimales mais jamais plus ! » Cet apport (concentré énergétique uniquement) doit être réservé aux hautes productrices et ne pas dépasser 2 à 3 kg.

Qui dit pâturage dit transition : c'est valable pour la mise à l'herbe mais aussi en cas de complémentation fourragère combinée à la prairie (prévoir 5 à 10 jours de transition). Et Benoît Rouillé complète : « Lorsque l’herbe pâturée constitue plus de la moitié de la ration, il n’est pas nécessaire de corriger le fourrage complémentaire en azote, celui apporté en excédent par l’herbe assurant la correction. Avec un apport de maïs ensilage supérieur à une demi-ration, celui-ci sera corrigé en azote. »

Intégrer des coproduits

Les coproduits peuvent aussi être une solution ponctuelle ou sur le long terme si le prix est attractif (ça se calcule). Benoît Rouillé appelle néanmoins à la vigilance : « il faudra maîtriser la valeur nutritive du coproduit acheté (via des analyses) et le prix d’intérêt par rapport aux autres matières premières. »

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