X abi Lopepe est fier d'être un des quelque 100 membres fondateurs de la CLPB qui obéit au principe de gestion : un membre, une voix. « Nous avons pris notre destin en main, sourit-il. La CLPB a été créée en 2011 pour anticiper les crises du lait, pas à cause des crises, mais pour les anticiper ». « Nous maîtrisons l'intégralité de la chaîne, de la ferme au consommateur. Nous ne dépendons de personne », souligne celui qui, à ses heures de loisirs, est guitariste de métal hard rock. « Le modèle des fruitières du Comté nous a inspirés; elles ont opté pour un système coopératif de leur production laitière valorisée en fromages d'appellation d'origine protégée (AOP). Nous avons fait de même », résume-t-il. La coopérative est implantée à une quarantaine de km, aux Aldudes, un village niché dans la vallée du même nom, sertie par un écrin de montagnes, où sont aussi produits de célèbres produits basques de qualité comme la charcuterie de Pierre Oteiza ou la truite de Banka.
« L'argent du beurre »
Pensée en 2011, la coopérative ouvre ses portes en 2014, un investissement de 6 millions d'euros rassemblés à 70 % grâce à des emprunts bancaires et deux financements participatifs et à 30 % par les producteurs. Elle commercialise du fromage et, en moindre partie, du beurre, des produits élaborés dans le cadre de l'AOP Ossau-Iraty pour le lait de brebis et la mention Bleu-Blanc-Coeur pour le lait de vache. « Les difficultés ont surgi dès 2015, se souvient Jean Mollon, éleveur et président de la coopérative. Nos produits étaient innovants, mais nous n'avions pas de force commerciale. Il fallait trouver l'argent du beurre ». « Les éleveurs ont fait office de banque. Cinquante d'entre nous sont partis faute de pouvoir tenir financièrement », regrette-t-il. « Nous avons redoublé d'efforts et nous avons signé de nouveaux partenariats commerciaux. Notamment avec Biocoop, premier réseau de magasins bio en France ».
Aujourd'hui, la coopérative traite 3,5 millions de litres de lait de vache et 1 à 1,5 million de litres de lait de brebis, affine 200 tonnes de fromage par an et affiche un chiffre d'affaires de 3 millions en 2017. Elle emploie 25 salariés. Mais encaisse toujours des pertes. « On pense arriver à l'équilibre en 2019 et faire revenir des producteurs. Notre outil est dimensionné pour accueillir 10 millions de litres de lait, estime le président de la coopérative. Le circuit de distribution est classique, la grande distribution à 60 % sous la marque Miguel Gorry et les circuits courts, crémiers ou autres à 40 %. « La grande distribution est à l'écoute de nos projets. Nous sommes dans l'air du temps, de la fourche à la fourchette », s'amuse Jean Mollon. L'une des marques de fabrique de la maison est la bûchette affinée pur brebis, à la croûte fine et naturelle sous un packaging original, la bûche épouse la forme de la croix basque. Toute une gamme se décline. « Les projets sont développés avec les producteurs, explique Paul Rayon, chef fromager de la CLPB, Ce contact permanent avec l'amont de la filière change tout dans la qualité du produit », estime-t-il. « Ce processus bouleverse notre savoir-faire, croit aussi Xabi Lopepe. Nous sommes directement impliqués dans la transformation, ça change la donne ».
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