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A l’approche de la fin des quotas et de perspectives de prix baissières, c’est un bilan en demi-teinte que dressent les éleveurs de l’Apli, réunis à La Selle-en-Coglès, en Ille-et-Vilaine jeudi 20 novembre. Ces derniers rencontrent leurs homologues européens de l’European milk board qui organise aussi son assemblée générale dans le Grand Ouest.
A quatre mois de la fin des quotas laitiers, et après six ans d’existence, le bilan est un peu amer pour l’Apli, l’association des producteurs laitiers indépendants. Il semble loin le temps de la grève du lait, au plus profond de la crise laitière de 2009, avec ses images impressionnantes pour marquer les esprits.
A La Selle-en-Coglès, en Ille-et-Vilaine, où les éleveurs de l’Apli sont réunis en assemblée générale, l’ambiance n’est pas aux grandes actions coup-de-poing. « Des réunions avec 1.500 éleveurs, c’est fini », explique André Lefranc, président de l’Apli, qui ne poursuivra pas son engagement à la tête de l’association. « Le prix du lait était plus élevé ces derniers mois. Les éleveurs se sont remis la tête dans le guidon, sans forcément regarder à moyen et long termes », poursuit-il pour justifier la moindre mobilisation des éleveurs au sein du mouvement.
L’éleveur manchois déplore surtout l’attentisme de la filière laitière pour changer le rapport de force entre producteurs et transformateurs. Rien de très significatif n’a bougé ces deux dernières années selon lui. « Nous n’avons pas plus de visibilité aujourd’hui qu’en 2009. Quelle visibilité a un jeune qui s’installe dans le lait ? Aucune. »
Des OP sans aucun pouvoir
Ces dernières années, les représentants ont « dépensé une énergie folle » à développer des OP transversales. Mais avec trois OP France Milkboard agréées par le ministère (Grand Ouest, Sud-Ouest et bassin normand) réunissant chacune environ 300 adhérents, le bilan est décevant. « La grande majorité des éleveurs n’ont pas pris conscience de ce qui est en train de se passer », insiste Paul de Montvalon, président de France Milkboard, qui participe à l’assemblée générale de l’Emb, en parallèle de celle de l’Apli.
Pour les deux leaders de l’Apli et de l’European Milk Board, le constat est inquiétant. « Qu’elles soient verticales ou transversales, les OP n’ont aucun pouvoir sur la régulation des prix et des volumes. Ce sont les laiteries qui ont tous les pouvoirs », martèlent-ils.
Depuis la mise en place du paquet lait, 36 OP et Aop ont été agréées par le ministère de l’Agriculture. « C’est trop, juge André Lefranc. La France reproduit exactement ce qu’il s’est passé en Suisse, où les organisations de producteurs n’ont pas de pouvoirs face aux laiteries. Les éleveurs doivent pourtant comprendre que le plus important est de garder son autonomie de chef d’entreprise. Avec le rapport de force actuel, les éleveurs ne sont pas libres. »
Des progrès sont néanmoins à signaler, comme la signature d’un contrat-cadre Fmb avec Bongrain. « Dans ce contrat, des avancées ont été faites en matière de durée et de renouvellement du contrat et de pénalités », explique Paul de Montvalon.
Obtenir une régulation européenne
Face à l’échec de la contractualisation et à la structuration des producteurs pour leur redonner un peu de poids face aux transformateurs, l’heure est désormais au lobbying à Bruxelles. « Nous devons tout faire pour obtenir la mise en place d’outils de régulation de l’offre à l’échelle européenne. » Sans un minimum de régulation, la concentration de la production dans certaines régions au détriment des autres, de même que la baisse du nombre de producteurs sera « terrible ».
A Bruxelles, l’Irlandais Phil Hogan a succédé au Roumain Dacian Ciolos au poste de commissaire européen à l’Agriculture. Pour les éleveurs de l’Apli et de l’Emb, il ne sera pas aisé de convaincre un commissaire dont le pays d’origine ambitionne de produire 50 % de lait en plus d’ici 2020.
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